Dans une décision qui acte un tournant pour la crédibilité financière de la France, l’agence de notation Fitch a abaissé, vendredi soir, la note souveraine du pays de «AA-» à «A+». Cette sanction traduit une inquiétude profonde quant à la capacité de l’État à assainir des finances publiques considérablement dégradées, minées par une instabilité politique persistante.
Le timing de cette décision est significatif : il intervient à peine quatre jours après la chute du gouvernement de François Bayrou et la nomination d’un troisième Premier ministre en un an, Sébastien Lecornu. Fitch voit dans cette crise un symptôme de la «fragmentation et [de] la polarisation croissante de la politique intérieure» française. L’agence estime que cette instabilité chronique «affaiblit la capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d’ampleu », nécessaire pour redresser les comptes. Le verdict de Fitch est sévère sur les objectifs financiers de la France. L’agence juge désormais «improbable» la possibilité de ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB d’ici 2029, un objectif pourtant central de la stratégie européenne de Paris. Bien plus, Fitch anticipe une aggravation de la situation : plutôt que de se résorber, la dette publique, déjà colossale à 113,9% du PIB (soit 3 345,4 milliards d’euros), devrait continuer à gonfler pour atteindre 121% en 2027, «sans horizon clair de stabilisation». Si cette décision n’aura pas de conséquences immédiates et catastrophiques, elle constitue un sérieux coup de semonce. Elle marque un tournant symbolique en entérinant le décrochage des finances françaises par rapport à celles de ses voisins européens les mieux notés, et en pointant du doigt la paralysie politique comme.
Pointant l’instabilité politique et la dérive des comptes publics: Fitch dégrade la note de la France

