Le directeur des prestations à la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS), Abdelhafid Djeghri, a détaillé ce mercredi le lancement officiel de la carte électronique destinée à faciliter l’accès aux médicaments pour les personnes démunies sans couverture sociale.
Ce dispositif, mis en œuvre le 19 du mois en cours, constitue une avancée majeure dans le système de protection sociale en Algérie. Intervenant dans l’émission «L’Invité du jour» sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, il a expliqué que cette carte vise une catégorie bien précise de citoyens : ceux qui ne disposent d’aucun revenu, ne sont affiliés à aucun régime de sécurité sociale et ne bénéficient d’aucun dispositif de soutien existant.
Contrairement aux salariés, aux chômeurs indemnisés, aux personnes en situation de handicap ou aux
bénéficiaires des allocations de solidarité, ces citoyens étaient jusque-là exclus de toute couverture leur permettant d’accéder régulièrement aux médicaments.
La démarche pour bénéficier de ce nouveau dispositif commence au niveau de l’Assemblée populaire
communale du lieu de résidence, où le citoyen concerné doit déposer un dossier administratif attestant de sa situation sociale.
Après enquête, le dossier est transmis à une commission de wilaya qui statue officiellement sur l’éligibilité. Une fois cette qualité reconnue, la personne peut bénéficier du dispositif prévu par le décret exécutif 24-187. Ce texte vient corriger les limites d’un ancien système jugé insuffisant, qui ne prenait en charge que les personnes démunies atteintes de maladies chroniques et se limitait à une liste restreinte
d’environ 136 médicaments.
Désormais, le champ des bénéficiaires est élargi à l’ensemble des personnes démunies, qu’elles
soient atteintes ou non de maladies chroniques, avec une extension importante au profit des enfants mineurs à charge.
L’une des avancées majeures de ce dispositif réside dans l’élargissement spectaculaire de la liste des médicaments pris en charge.
Celle-ci dépasse aujourd’hui les 5 500 produits pharmaceutiques, couvrant aussi bien les affections chroniques que les maladies aiguës, en fonction de l’état de santé du patient et sur prescription médicale.
Cette mesure permet une prise en charge sans limite tant que le besoin médical est justifié. L’accès aux médicaments se fait désormais à travers le réseau national des officines privées conventionnées avec la sécurité sociale. Plus de 13 000 pharmacies sont aujourd’hui partenaires de la CNAS, offrant ainsi une proximité géographique et un accès facilité aux bénéficiaires, quel que soit leur lieu de résidence.
La carte électronique constitue également un tournant en matière de modernisation de la gestion. Toutes les informations nécessaires à l’identification du bénéficiaire, à ses droits et, le cas échéant, à ses traitements chroniques y sont intégrées. Cette dématérialisation permet d’alléger les procédures, de réduire l’usage du papier et de garantir une meilleure fluidité dans l’accès aux soins.
Pour les enfants mineurs atteints de maladies chroniques, une carte individuelle est délivrée afin de permettre un suivi médical régulier et des soins récurrents sans contrainte.
Sur le plan opérationnel, la CNAS s’est fixé un délai de quinze jours après réception des listes validées par les commissions de wilaya pour produire et acheminer les cartes.
À ce jour, plus de 375 personnes, auxquelles s’ajoutent leurs enfants mineurs, ont déjà été recensées dans 23 wilayas, et les estimations font état de 2 000 à 3 000 bénéficiaires potentiels à l’échelle nationale.
Le système électronique permettra en outre de prévenir les abus, de contrôler la cohérence entre prescriptions et états de santé, et de constituer une base de données fiable pour orienter les futures décisions en matière de protection sociale.
Pour Abdelhafid Djeghri, ce dispositif incarne la volonté de l’État d’assurer un accès équitable aux soins et de renforcer progressivement l’intégration sociale des personnes les plus vulnérables, en garantissant à tous les démunis la possibilité de bénéficier d’un large éventail de médicaments essentiels.
Anais G.
Un dispositif inédit pour garantir l’équité en santé: 5500 produits pharmaceutiques désormais pris en charge

