Un acte fort pour la Palestine et Ghaza: L’Espagne demande à l’UE de rompre son accord d’association avec l’entité sioniste

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé hier dimanche que son pays soumettrait mardi prochain à l’Union européenne une proposition visant à rompre l’accord d’association avec Israël, estimant que le gouvernement de Benjamin Netanyahu «viole le droit international» et ne saurait rester un partenaire de l’Europe.
«Ce mardi, le gouvernement espagnol soumettra à l’Europe une proposition visant à ce que l’Union européenne rompe son accord d’association avec Israël», a déclaré Sanchez lors d’un meeting électoral en Andalousie, ajoutant : «Un gouvernement qui viole le droit international (…) ne peut être partenaire de l’Union européenne. C’est aussi simple que cela.»
Cette initiative, rapportée par l’AFP, intervient après des mois de tensions croissantes liées à la guerre à Ghaza et aux violations répétées des droits humains dans les territoires palestiniens occupés.
L’accord d’association entre l’UE et Israël, signé en 2000, repose sur une clause essentielle – l’article 2 – qui subordonne les relations bilatérales au respect des droits de l’homme et des principes démocratiques. Or, de nombreuses organisations internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont documenté des violations massives du droit international par l’armée israélienne à Ghaza : bombardements de civils, destruction d’infrastructures humanitaires, restrictions d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins médicaux, ainsi que des déplacements forcés de population. Dès juin 2025, la Commission européenne elle-même avait conclu qu’il existait des «indications» sérieuses de violation de l’article 2 par Israël.
La proposition espagnole s’inscrit dans un mouvement européen de grande ampleur : une initiative citoyenne a réuni plus d’un million de signatures demandant la suspension de l’accord, plus de 350 anciens responsables européens et une soixantaine d’ONG ont appelé à la même mesure. L’Espagne, qui a déjà reconnu l’État palestinien en 2024, décrété un embargo total sur les ventes d’armes à Israël en 2025 et rappelé son ambassadeur en mars 2026, ne cache pas sa détermination.
Pour les Palestiniens de Ghaza, qui subissent depuis des mois une guerre dévastatrice, cette initiative est une lueur d’espoir : elle montre que l’Europe peut encore se souvenir de ses valeurs fondatrices que sont la paix, la justice et le respect du droit international.
Reste que la procédure exige l’unanimité des Vingt-Sept pour suspendre totalement l’accord, et certains pays comme l’Allemagne, la Hongrie ou la République tchèque y sont réticents.
Mais l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie et la Belgique poussent en faveur d’une rupture claire. Pedro Sanchez a prévenu : «Nous ne devons pas permettre un nouveau Ghaza au Liban.»
En portant cette voix au nom du peuple palestinien et de la justice, l’Espagne appelle l’Europe à sortir de son silence. Car c’est bien la crédibilité même du projet européen qui est en jeu : peut-on continuer à faire affaire avec un gouvernement qui bafoue le droit international sous les yeux du monde entier ?
Mardi, à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l’UE auront l’occasion de répondre. Les Gazaouis, eux, attendent autre chose que des mots : ils attendent des actes. Et cette proposition espagnole en est un, puissant et nécessaire.
Malik M.