Ukraine: Un scandale énergétique fragilise la lutte anticorruption et l’aspiration européenne

Un nouveau scandale secoue l’Ukraine et met en lumière les fragilités de son secteur énergétique. Timour Minditch, copropriétaire de Kvartal 95 et proche du président Volodymyr Zelensky, est accusé d’avoir orchestré un vaste réseau de blanchiment d’argent impliquant des centaines de millions de dollars.
Ces révélations, qui touchent également l’ancien ministre de l’Énergie et actuel ministre de la Justice, Guerman Galouchtchenko, constituent un tournant majeur dans la bataille contre la corruption, enjeu central pour l’adhésion du pays à l’Union européenne. Selon un procureur du Parquet spécial anticorruption (SAPO), Minditch aurait exercé un contrôle direct sur la collecte et la distribution de fonds d’origine criminelle, profitant de ses liens privilégiés avec le président. Galouchtchenko est quant à lui soupçonné d’avoir bénéficié d’avantages personnels pour faciliter la manipulation des flux financiers liés au secteur énergétique.
L’Agence nationale anticorruption (NABU) a annoncé lundi dernier le démantèlement d’un système de corruption évalué à 100 millions de dollars, après une enquête de 15 mois.
Sept personnes ont été inculpées et des perquisitions ont visé les résidences des principaux suspects. Oleksander Abakoumov, responsable de l’enquête, a précisé que Minditch avait quitté le pays juste avant les opérations. Dans un contexte où le secteur énergétique est déjà fragilisé par les attaques russes, ces accusations provoquent une indignation croissante au sein de la population.
Elles interviennent alors que Zelensky est critiqué pour avoir tenté de placer le NABU et le SAPO sous contrôle gouvernemental, suscitant la méfiance de Bruxelles.
L’affaire souligne une fois de plus que l’éradication de la corruption reste une condition incontournable pour que l’Ukraine puisse avancer sur la voie de son intégration européenne .
M. M.