Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exhorté hier mardi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à condamner «avec fermeté et explicitement» ce qu’il qualifie d«agression militaire» des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, appelant à une mise en responsabilité des agresseurs conformément au Chapitre VII de la Charte des Nations unies.
Lors d’un entretien téléphonique lundi dernier avec Antonio Guterres, consacré aux développements régionaux et à la situation au Liban, le chef de la diplomatie iranienne a souligné que tout État ou institution internationale soucieux de préserver la paix et la sécurité se devait de condamner ces actions.
Abbas Araghchi a également invité la communauté internationale à identifier «la principale source d’insécurité» pesant sur la région et le détroit d’Ormuz : selon lui, il s’agit de «l’agression militaire des États-Unis et de l’entité sioniste».
Il a affirmé que les perturbations du trafic maritime dans cette voie stratégique découlent directement de la «guerre imposée» par ces deux puissances.
Parallèlement, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a exprimé hier mardi son incompréhension face aux récentes actions militaires américaines en Iran.
Plaidant pour un cessez-le-feu, elle a souligné les graves répercussions de ce conflit sur l’économie mondiale, notamment les risques de crises alimentaire et énergétique.
Kallas a également déploré que les États membres de l’UE n’aient pas été consultés, ni sur le déclenchement de cette guerre, ni sur ses objectifs.
Sur le plan régional, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a prédit hier mardi un Moyen-Orient transformé après le conflit, mais «pas selon les plans américains».
Il a appelé les pays islamiques à consolider leurs systèmes économique et sécuritaire, réaffirmant que la présence des États-Unis ne saurait garantir la stabilité.
Enfin, Abbas Araghchi a démenti l’existence de nouveaux contacts avec l’envoyé américain Steve Witkoff, après des informations relayées par le site Axios évoquant une reprise d’un canal de
communication. Sur la plateforme X, le ministre a précisé que son dernier échange avec Witkoff remontait à avant «la décision de la partie qu’il représente de mettre fin à la diplomatie en lançant une nouvelle attaque militaire illégale contre l’Iran».
Il a mis en garde contre toute tentative de «tromper les négociants en pétrole et l’opinion publique».
Malik M.
Téhéran met en garde sur le détroit d’Ormuz: Araghchi à l’ONU : «Condamnez l’agression contre l’Iran»

