L’alerte d’un rapport international:Le Maroc face à une crise hydrique majeure

Un récent rapport international tire la sonnette d’alarme sur la situation de l’eau au Maroc, évoquant un risque croissant d’«effondrement hydrique» à mesure que les ressources s’amenuisent et que les déséquilibres s’accentuent.
Publié par l’Université des Nations unies sous le titre «Faillite hydrique mondiale 2026 : vivre au-delà des ressources disponibles», le document classe le Maroc parmi les zones exposées à un stress hydrique extrêmement élevé.
Ce constat met en lumière les fragilités structurelles qui affectent la gestion de ce secteur stratégique.
Selon le rapport, la problématique ne se limite plus aux aléas climatiques ou aux épisodes de sécheresse.
Elle s’inscrit désormais dans une dynamique plus profonde, liée à une exploitation intensive et peu durable des ressources, en particulier des nappes souterraines, dont le renouvellement naturel est largement dépassé.
Cette situation a conduit à une forme de «sécheresse d’origine humaine», conséquence directe de choix et de pratiques ayant accéléré l’épuisement du capital hydrique du pays.
À cela s’ajoute une dégradation progressive de la qualité de l’eau, sous l’effet de la pollution et de la salinisation, réduisant davantage les volumes exploitables.
Le rapport met également en garde contre le risque de «jour zéro» dans certaines zones urbaines, un scénario où les réseaux de distribution pourraient se retrouver totalement à sec.
Face à ces constats, les critiques se multiplient quant à l’efficacité des politiques publiques en matière degestion de l’eau, jugées insuffisantes pour répondre à l’ampleur des défis actuels et futurs.
Enfin, les experts soulignent que certaines réserves souterraines ont atteint un niveau de dégradation tel qu’un retour à la normale paraît désormais très incertain, voire impossible.
Une évolution qui pourrait entraîner, à terme, des répercussions économiques et sociales significatives.
Plus qu’une crise conjoncturelle, la situation actuelle révèle ainsi des failles profondes dans la gouvernance des ressources hydriques, appelant à une refonte urgente des stratégies pour éviter une aggravation irréversible.
M. M.