L’Organisation des Nations Unies a exprimé, mardi dernier, sa profonde préoccupation face aux violations persistantes imputées à Israël de l’Accord de désengagement de 1974 concernant le plateau du Golan. Ces violations incluent des manquements au cessez-le-feu et, de manière plus structurelle, la présence continue de l’armée israélienne dans des zones qui devraient être démilitarisées, portant ainsi atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de la Syrie.
Lors du point de presse quotidien, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que la situation sur le terrain demeure tendue. Il a rapporté que les habitants de la partie orientale du plateau du Golan toujours sous contrôle syrien, continuent de manifester devant les positions de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD). Ces manifestations expriment leur colère et leur inquiétude face à la présence et aux activités militaires israéliennes dans la région, perçues comme une occupation et une provocation.
Dujarric a précisé que la FNUOD, dont la mission est de superviser l’application de l’accord de 1974, poursuit son dialogue avec l’armée israélienne pour tenter de résoudre ces contentieux.
La force maintient également des contacts réguliers avec les autorités locales syriennes afin de désamorcer les tensions et de surveiller la ligne de cessez-le-feu. Cette médiation permanente souligne la difficulté à faire respecter un cadre juridique international vieux d’un demi-siècle dans un contexte géopolitique hautement volatil.
Les Nations Unies ont rappelé avec fermeté les termes fondamentaux de l’Accord. Elles ont souligné qu’«aucune force militaire ni activité militaire autre que celles de la FNUOD ne devait être présente dans la zone tampon». Cette stipulation est au cœur du mandat de la force onusienne et de la stilité relative de la région depuis 1974.
En réaffirmant son «engagement envers l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Syrie», l’ONU réitère une position de principe qui ne reconnaît pas l’annexion du Golan par Israël en 1981, une décimation condamnée par la résolution 497 du Conseil de sécurité. Cette déclaration intervient dans un contexte régional plus large où les violations du droit international humanitaire et des frontières reconnues sont fréquemment dénoncées. Elle met en lumière le rôle précaire des casques bleus de la FNUOD, pris entre les revendications syriennes, la réalité de l’occupation israélienne et la montée des frustrations locales.
La persistance de ces violations remet en question l’efficacité des mécanismes de désengagement et pose le défi de la protection des civils vivant sous la menace d’une escalade militaire dans une zone qui reste l’une des frontières les plus sensibles du Moyen-Orient.
Malik M.

