Initiative sportive et mémorielle dédiée aux étudiantes universitaires, la «Coupe Djamila» semble aujourd’hui tombée dans l’oubli.
Organisée chaque année à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, cette compétition inter-établissement universitaire s’étendait traditionnellement jusqu’au 19 mars, date marquant la Fête de la Victoire (Algérie).
Placée sous l’égide des Œuvres universitaires, la manifestation sportive portait un symbole fort. Baptisée en hommage aux héroïnes de la bataille d’Alger — notamment Djamila Boupacha, Djamila Bouhired, Djamila Bouazza et Djamila Amrane-Minne — la compétition visait à immortaliser le courage des femmes engagées dans la lutte pour l’indépendance.
À travers cet événement, les organisateurs entendaient également transmettre aux nouvelles générations d’étudiantes l’héritage historique et les valeurs de sacrifice incarnées par ces figures de la Révolution.
Consacrée principalement au handball féminin, la Coupe Djamila constituait aussi une opportunité de dynamiser la pratique sportive au sein des campus universitaires. Le tournoi permettait de rassembler plusieurs établissements et de mettre en lumière de jeunes joueuses prometteuses, en adéquation avec les orientations des pouvoirs publics et les recommandations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en matière de promotion du sport scolaire et universitaire.
Initiée par un cadre sportif relevant de la Direction de la jeunesse, des sports et des loisirs (DJSL) d’Alger, la compétition était réservée exclusivement aux étudiantes.
Les rencontres se disputaient dans des salles OMS homologuées, sous la supervision d’arbitres qualifiés désignés par la ligue spécialisée.
L’événement avait également acquis, au fil des éditions, une dimension symbolique importante avec la présence de personnalités sportives, de responsables institutionnels et d’anciennes moudjahidate, dont la militante révolutionnaire Djamila Boupacha. Pourtant, malgré cet élan et l’intérêt suscité lors de ses premières éditions, la dernière organisation de la Coupe remonte à 2023.
Après quatre éditions, la compétition a été interrompue sans explication officielle, laissant de nombreuses interrogations quant à son avenir.
Contacté à ce sujet, l’initiateur de la manifestation s’est montré réservé, tout en regrettant la marginalisation progressive de cette initiative par les responsables chargés de l’animation sportive universitaire.
Selon lui, la stratégie actuelle de relance du sport universitaire manque de cohérence et ne répond pas pleinement aux objectifs fixés par les pouvoirs publics.
Notre interlocuteur rappelle également avoir déjà exprimé, en 2021, ses préoccupations concernant l’absence d’une véritable politique structurée en faveur du sport universitaire.
Il estime que plusieurs actions engagées restent éloignées des priorités nécessaires pour développer efficacement cette discipline au sein des établissements académiques.
Au-delà de la disparition de la Coupe Djamila, c’est plus largement la question de l’organisation du sport universitaire qui est posée.
De nombreux observateurs pointent notamment le retard dans la publication des textes d’application liés à la loi 13-05, notamment son chapitre consacré au développement et à la promotion du sport scolaire et universitaire.
En attendant d’éventuelles clarifications, la «Coupe Djamila» demeure un souvenir récent mais marquant pour les étudiantes qui y ont participé. Un événement qui associait sport, mémoire et citoyenneté, et dont beaucoup espèrent aujourd’hui la relance afin de redonner au sport universitaire la place qu’il mérite.
H. A.
Sport universitaire féminin/où est passée la «Coupe Djamila» de handball ?

