Une équipe internationale d’archéologues a identifié, grâce à la télédétection par satellite, plus de 260 ensembles de sépultures collectives dans l’est du Soudan, au cœur du désert de l’Atbai.
Datés entre 4 000 et 3 000 avant notre ère, ces monuments funéraires se présentent sous forme de vastes enceintes circulaires, parfois larges de 80 mètres de diamètre. Ils renferment des restes humains, mais aussi des animaux domestiques tels que bovins, moutons et chèvres.
Répartis sur près de 1 000 kilomètres entre le Nil et la mer Rouge, ces sites témoignent de l’existence d’une culture nomade ancienne, jusqu’ici largement méconnue, et viennent enrichir considérablement la compréhension de la préhistoire du Sahara oriental.
Des sociétés nomades déjà structurées et hiérarchisées
L’organisation de ces ensembles funéraires révèle une structure sociale plus élaborée qu’on ne le supposait. Dans de nombreux cas, une sépulture centrale, attribuée à un individu de statut élevé, probablement un chef ou une figure influente, est entourée de tombes secondaires.
Cette disposition suggère l’émergence d’une hiérarchie au sein de ces communautés nomades. Bien que ces sociétés restent loin du modèle fortement stratifié des grandes civilisations du Nil, elles montrent néanmoins les premiers signes d’inégalités sociales et d’une organisation collective structurée dès le IVe millénaire avant notre ère.
Un mode de vie pastoral face aux contraintes climatiques
Ces populations vivaient essentiellement de l’élevage et accordaient une importance majeure à leurs troupeaux, symboles de richesse et de prestige.
Le fait d’enterrer des animaux aux côtés des défunts souligne le rôle central du bétail dans leur culture et leur économie.
Cependant, l’assèchement progressif du Sahara, marqué par la fin de la période humide africaine, a profondément bouleversé leur mode de vie.
La diminution des pluies et des pâturages a contraint ces groupes à adapter leurs pratiques, à se déplacer davantage ou à migrer vers des régions plus favorables, notamment vers le Nil.
Un patrimoine menacé et une histoire en redécouverte
Ces sépultures, souvent situées à proximité d’anciens points d’eau, illustrent la capacité d’adaptation de ces populations à un environnement déjà hostile. Certaines ont été réutilisées des millénaires plus tard, témoignant de la mémoire durable de ces lieux dans les traditions nomades.
Aujourd’hui, cette découverte permet de mieux comprendre les transformations sociales et économiques qui ont marqué le Sahara et l’Afrique du Nord à la fin de la Préhistoire.
Toutefois, ce patrimoine exceptionnel est désormais menacé par l’exploitation minière et les dégradations, faisant peser un risque réel de disparition rapide sur ces témoins uniques du passé.
Amina S.

