En marge du Colloque international du manuscrit organisé les 15 et 16 juin à Alger, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a reçu les propriétaires de cinquante Khizanate, ces bibliothèques traditionnelles qui veillent depuis des siècles sur un patrimoine écrit d’une valeur inestimable, ainsi que les représentants des établissements spécialisés dans la sauvegarde des manuscrits.
Une rencontre d’écoute, avant tout. Les gardiens de cet héritage ont pu exprimer leurs préoccupations autour de trois enjeux cruciaux : la préservation, la protection et la promotion d’un patrimoine manuscrit que le temps, l’humidité et l’oubli menacent chaque jour un peu plus.
En réponse, la ministre a réaffirmé l’engagement du secteur à soutenir ces institutions, à accompagner les efforts de catalogage et à accélérer la numérisation des manuscrits, condition sine qua non pour les rendre accessibles aux chercheurs et aux générations futures.
Le colloque lui-même a affiché une envergure à la hauteur de l’enjeu. Près de 120 représentants de Khizanate, une cinquantaine de chercheurs algériens, 87 professeurs issus d’universités et de centres de recherche, et des délégués de hautes institutions arabes et internationales, dont le directeur général de l’Institut du monde arabe, le directeur de l’Institut des manuscrits arabes et un représentant de l’Alecso, ont fait de ce rendez-vous un carrefour scientifique de premier plan. Pour les propriétaires de Khizanate, ce forum n’est pas un événement parmi d’autres. C’est la confirmation qu’Alger s’impose comme un espace de dialogue et de coopération incontournable en matière de patrimoine manuscrit, et que l’État a enfin décidé de traiter ce trésor national avec la gravité qu’il mérite .
Amina S.
Manuscrits algériens:Bendouda à l’écoute des gardiens de la mémoire

