Le renforcement des partenariats de l’Algérie avec les pays du Sahel, en particulier le Tchad et le Niger, s’inscrit dans une dynamique stratégique impulsée au plus haut niveau de l’État, avec un accent déterminant mis sur la concrétisation des accords signés et le déploiement de projets d’envergure tels que la route transsaharienne.
À peine la directive présidentielle donnée, une importante délégation s’est rendue au Tchad pour inspecter des sites clés de ce chantier, illustrant ainsi une volonté claire d’accélérer une intégration régionale fondée non sur des déclarations, mais sur des réalisations tangibles.
Intervenant hier mercredi dans l’émission «L’invité du jour» de la chaîne 3 de la Radio algérienne, le docteur en relations internationales Mehdi Boukaouma a rappelé que l’Algérie, depuis son indépendance, mène une politique claire, constante et cohérente à l’égard de ses voisins du Sud, en particulier les États sahéliens, faisant de cette orientation un socle historique de sa diplomatie.
Selon lui, les relations entre Alger et N’Djamena connaissent une évolution notable ces dernières années, portée par une convergence politique affirmée et des échanges en constante expansion.
Il a souligné l’existence d’un engagement politique fort entre les deux pays, notamment à travers la volonté affichée des chefs d’État de consolider un partenariat durable et multidimensionnel.
Pour illustrer ces avancées concrètes, il a cité l’ouverture d’une liaison aérienne ainsi que la signature de nombreux accords couvrant des domaines aussi variés que l’économie et l’enseignement supérieur, ajoutant que la présence d’étudiants tchadiens en Algérie constitue à la fois une fierté et un levier essentiel de rapprochement entre les peuples. Dans cette perspective, le projet de la route transsaharienne occupe une place absolument centrale. Boukaouma estime en effet qu’il représente un pilier fondamental de l’intégration africaine, rappelant qu’il est impossible de parler d’intégration économique sans projets concrets.
La route transsaharienne en est un exemple majeur, car elle permettra de relier des espaces économiques jusqu’ici fragmentés et de faciliter la circulation des marchandises et des personnes.
Il a vigoureusement insisté sur l’importance des infrastructures comme préalable indispensable à tout développement, soulignant que sans logistique ni réseaux de transport performants, aucune économie intégrée ne peut durablement voir le jour.
Au-delà de l’aspect purement économique, ce projet revêt également une dimension géopolitique de première importance. Pour Boukaouma, le développement des infrastructures constitue en effet un rempart efficace contre les ingérences extérieures, car l’absence de développement crée un vide que certaines puissances étrangères exploitent sans scrupule pour s’immiscer dans les affaires internes des États africains. Il a rappelé à cet égard que l’Algérie défend avec constance le principe de non-ingérence et privilégie résolument des solutions africaines aux problèmes africains, déplorant que les conflits qui perdurent sur le continent soient trop souvent alimentés par des intérêts extérieurs, au détriment des populations locales.
Par ailleurs, l’expert a mis en lumière la montée en puissance de la diplomatie économique algérienne, notamment à travers le renforcement des relations avec des pays comme la Mauritanie, soulignant que l’Algérie adopte aujourd’hui une approche pragmatique fondée sur les échanges commerciaux et les investissements, ce qui traduit une évolution significative et salutaire de sa politique étrangère.
En conclusion, Boukaouma a affirmé que la diversification des partenariats constitue une nécessité stratégique dans un monde en mutation, et que l’Algérie s’inscrit désormais pleinement dans une logique d’ouverture et d’interdépendance, essentielle pour assurer un développement durable et équilibré.
Fateh H.
«Sans infrastructures, pas d’intégration»: La vision algérienne pour le Sahel

