L’Algérie et la Turquie portent leurs relations bilatérales à un niveau jamais égalé, jusque-là, avec la création du Conseil de coopération stratégique de haut niveau. C’est dans cette optique d’ailleurs qu’intervient la visite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à Ankara.
Le chef de l’état s’est envolé, hier, de l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger, pour une visite d’état de trois jours, à l’invitation de son homologue turque président Recep Tayyip Erdogan.
Ce n’est donc pas pour une visite de courtoisie que Tebboune a pris l’avion mais, bien pour pousser avec son homologue, les échanges commerciaux entre les deux pays et donner à la relation algéro-turque une autre dimension.
En présidant ensemble la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau, Tebboune et Erdogan concrétisent un rapprochement qui remonte dans le temps pour lui donner une architecture pérenne. Entre Alger et Ankara, les échanges et la coopération se sont intensifiés que ce soit dans les domaines politiques, économiques et militaires.
Le Conseil de coopération stratégique est sensé donc donner un cachet formel à une étroite collaboration sur des sujets sensibles et stratégiques notamment sur le plan politique et sécuritaire.
On parle surtout de la sécurité et de l’échange d’information entre différents services des deux pays sur des questions telle que l’immigration clandestine, la contrebande et la lutte antiterroriste.
Il faut rappeler dans ce sens que les deux pays partagent les mêmes points de vue sur plusieurs
dossiers régionaux sensibles, de la Libye au Sahel, en passant par la question palestinienne, pour lesquelles Alger et Ankara défendent des positions similaires. Au-delà du politique, ce sont les chiffres aussi qui constituent un enjeu de cette visite. Entre les deux pays, les échanges commerciaux ont atteint un volume important au regard du nombre d’entreprises turques présentes dans le secteur du bâtiment, de l’industrie et des textiles sur le marché algérien.
Le dernier chiffre révélé d’ailleurs par Ahmed Attaf, lors de la 3e session de la Commission mixte algéro-turque de planification, tenue en 2025 à Alger, est de pas moins de 6 milliards de dollars. Un chiffre appelé à croître, compte tenu des opportunités d’échange et d’investissement existantes dans des secteurs stratégiques tels que les travaux publics, la sidérurgie, le textile, mais aussi le potentiel important dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables.
Il ne faut pas oublier enfin le contexte de cette visite qui intervient au moment où l’Algérie s’affirme comme une puissance régionale et un fournisseur fiable en termes d’énergie pour le vieux continent.
à côté, la Turquie demeure un acteur incontournable sur l’échiquier mondial dans divers domaines. C’est dire qu’entre Alger et Ankara, c’est le rendez-vous des titans.
Farid B.
Abdelmadjid Tebboune depuis hier en Turquie pour une visite officielle: Alger et Ankara rehaussent la coopération

