Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un avertissement solennel sur la dégradation rapide de la situation sécuritaire dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest, estimant que les conditions y deviennent de plus en plus complexes et dangereuses.
Lors d’une session du Conseil de sécurité consacrée au renforcement de la paix et de la stabilité dans la région, il a souligné que le terrorisme au Sahel dépasse désormais le cadre local pour se transformer en menace internationale, en raison des liens croissants entre groupes extrémistes à l’intérieur et au-delà du continent.
«Nous faisons face au risque d’un effet domino catastrophique à travers toute la région», a-t-il averti, précisant que de nombreux États vacillent sous le poids de cette pression sécuritaire.
Guterres a cité l’exemple du Mali, où le groupe terroriste «Ansar al-Islam et les Musulmans» a interrompu les approvisionnements en carburant vers Bamako, provoquant une grave pénurie de biens essentiels et contraignant les opérations humanitaires de l’ONU à réduire leurs activités.
Il a mis en garde contre les conséquences dramatiques pour les populations dépendantes de ces programmes vitaux. Le secrétaire général a rappelé que les pays du Sahel figurent parmi les derniers de l’indice de développement humain, frappés par une pauvreté endémique, une faiblesse institutionnelle et les effets dévastateurs du changement climatique. Ces fragilités sont exploitées par les groupes armés pour renforcer leur emprise au détriment des autorités nationales. Réaffirmant l’engagement des Nations Unies, Guterres a exprimé sa conviction que la sécurité et la stabilité peuvent être atteintes grâce à des efforts coordonnés et une volonté politique réelle.
Les chiffres illustrent l’ampleur du chaos : plus de 150 000 personnes ont été tuées en Afrique au cours de la dernière décennie par des groupes terroristes, principalement dans le Sahel, en Somalie et dans le bassin du lac Tchad. Rien qu’en 2024, la région du Sahel a enregistré 10 685 morts, soit près de la moitié des victimes du terrorisme dans le monde.
Le Burkina Faso est le pays le plus touché, suivi du Mali et du Niger, où les coups d’État successifs ont aggravé la situation sécuritaire. Un rapport international souligne que la violence est probablement plus élevée que les chiffres officiels, les restrictions imposées par les régimes militaires entravant la documentation des violations. On estime que 40% du territoire burkinabè est désormais sous contrôle terroriste, tandis que les autorités ont enrôlé des milliers de civils dans des milices de volontaires, faiblement armés et peu entraînés, pour tenter de contenir l’avancée des groupes extrémistes.
Le Sahel apparaît ainsi comme l’épicentre d’une crise sécuritaire mondiale, dont les répercussions pourraient s’étendre bien au-delà du continent africain .
Malik M.
Sahel: Guterres alerte sur une menace mondiale

