Malgré les interprétations biaisées et les discours triomphalistes qui ont suivi l’adoption de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité, les faits demeurent clairs : le Sahara occidental reste un territoire non autonome, inscrit par l’ONU comme tel depuis 1963, et le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui demeure intact. La mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) conserve son mandat initial.
Elle n’a jamais été conçue pour mettre en œuvre un plan d’autonomie ou administrer le territoire au nom du Maroc. Son rôle est de garantir une consultation libre et démocratique du peuple sahraoui sur son avenir politique. La résolution 2797 ne consacre pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Elle se contente de «prendre note» de la proposition marocaine, sans l’ériger en solution définitive. Le référendum d’autodétermination reste la voie juridique reconnue, bien que reportée chaque année. Le Front Polisario demeure le représentant reconnu du peuple sahraoui par les Nations unies.
Aucune initiative diplomatique ou plan alternatif ne peut le supplanter sans son accord explicite, comme le rappellent les négociations de Manhasset. Sa légitimité reste un pilier du processus politique.
La résolution a mis en lumière une division croissante au sein du Conseil de sécurité. La Chine et la Russie se sont abstenues, rompant avec le soutien tacite aux initiatives marocaines.
Ce changement affaiblit l’idée d’un consensus international autour du plan d’autonomie et redonne à la question sahraouie une visibilité politique renouvelée. L’adoption de la résolution ne confère aucune reconnaissance juridique au Maroc. Elle ne fait que prolonger le statu quo, tandis que le peuple sahraoui voit ses droits réaffirmés. Le principe d’autodétermination et le statut de territoire non autonome restent les fondements du droit international. Malgré les efforts médiatiques pour présenter cette résolution comme une victoire marocaine, le texte ne modifie ni le statut du territoire ni les principes du processus onusien. La décolonisation n’est pas achevée, et la souveraineté marocaine n’est pas reconnue. Ce sont les faits, et non les récits, qui tracent la voie du droit. Le Sahara occidental demeure juridiquement en attente de décolonisation. Le peuple sahraoui conserve son droit à décider par les urnes, et le Front Polisario reste un acteur central. Si le discours marocain rencontre aujourd’hui des limites diplomatiques, c’est déjà une avancée pour une cause portée depuis plus d’un demi-siècle .
Amine S.
Sahara occidental: Une vérité juridique réaffirmée face aux illusions diplomatiques

