Sahara occidental: La bataille juridique autour d’un conflit de décolonisation

Des avocats et écrivains sahraouis alertent sur les tentatives de requalifier le conflit du Sahara occidental, en le sortant du cadre de la décolonisation et du droit international.
Pour eux, toute solution durable doit passer par l’autodétermination et le processus des Nations unies.
L’écrivain Mohamed Fadel El Hait met en garde contre toute déviation, même minime, de la qualification juridique du dossier.
Alors que l’ONU considère toujours la question comme un processus de décolonisation inachevé, le Maroc cherche à la présenter comme un simple «conflit politique régional». Or, selon El Hait, cette requalification n’est pas anodine : elle détermine les droits applicables et les mécanismes de résolution.
Dans un processus de décolonisation, le droit à l’autodétermination devient un principe intangible.
L’auteur rappelle que les causes ayant préservé cette définition – comme le Timor oriental ou la Namibie – ont finalement pu faire valoir leurs droits.
De son côté, l’avocat et défenseur des droits humains Mhamed Hali insiste sur la nécessité du consentement du peuple sahraoui pour toute solution. Il établit un lien entre les tentatives de modification du cadre juridique et la détérioration des droits humains dans les territoires occupés, dénonçant des conditions de détention «inhumaines» pour les prisonniers politiques.
Ces voix soulignent que le débat sur la qualification du conflit n’est pas sémantique, mais engage l’avenir politique et juridique du Sahara occidental.
Toute initiative qui contournerait le droit à l’autodétermination risquerait, selon eux, de saper les fondements d’une paix juste et durable.
M. M.