Sahara Occidental : John Bolton met en garde contre les dérives du régime marocain

L’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, a lancé un appel appuyé en faveur du retour des États-Unis à leur position historique de 1991 sur la question du Sahara Occidental, à savoir le soutien à l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui.
Dans un entretien accordé au journal espagnol El Independiente, Bolton plaide pour un scrutin libre qui permettrait aux Sahraouis de choisir eux-mêmes leur avenir.Critiquant frontalement le régime marocain, il accuse Rabat d’avoir systématiquement bloqué les efforts des Nations Unies depuis des décennies, notamment en torpillant l’accord de Houston signé en 1997, qui engageait pourtant le Maroc à organiser ce référendum. Bolton a salué les efforts de l’ancien émissaire onusien James Baker, tout en pointant l’inertie volontaire du Makhzen.Revenant sur la décision controversée de l’administration Trump de reconnaître la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental en échange de la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv dans le cadre des Accords d’Abraham, Bolton n’a pas mâché ses mots. Il qualifie cette reconnaissance d’« erreur stratégique », un « abandon du droit international » qui a offert au Maroc une récompense injustifiée sans véritable contrepartie. Selon lui, Rabat aurait de toute façon scellé l’accord avec Israël, même sans la reconnaissance
américaine. Bolton s’inquiète aussi des manœuvres actuelles du Maroc pour faire inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes aux États-Unis, estimant que cette tentative est vouée à l’échec. Il a rejeté catégoriquement les accusations de liens entre le Polisario et des acteurs comme l’Iran ou le Hezbollah, les qualifiant de « propagande sans fondement ». Il a souligné que des ONG américaines travaillent depuis longtemps dans les camps sahraouis de Tindouf et qu’aucun indice de présence iranienne n’a jamais été observé .

Farid B.