Lors d’une master-class organisée dimanche dernier dans le cadre du Festival international du cinéma d’Alger, Samir Berari, représentant de l’Entreprise publique de télévision, ENTV, a annoncé la volonté de l’institution de relancer une véritable dynamique de production cinématographique.
Reconnaissant un certain déclin au cours des dernières années, il a néanmoins exprimé un optimisme fondé sur l’engagement personnel du directeur général en faveur du 7e art. «Avec son soutien, nous avons aujourd’hui l’opportunité de redonner au cinéma la place qui lui revient sur nos antennes», a déclaré Berari. Il a précisé que des mesures concrètes avaient déjà été engagées pour encourager la création, évoquant plusieurs projets illustrant cette nouvelle impulsion.
Parmi ceux-ci figurent la production de téléfilms dès 2026 et un long métrage ambitieux confié au jeune réalisateur Youcef Mahsas, portant sur la figure de Mohamed Boudia, avec la participation du cinéaste Rachid Bouchareb.
L’objectif affiché est de construire un écosystème propice à l’émergence d’une nouvelle vague de cinéastes et à l’essor d’une production régulière à la télévision. «Nous espérons que ces initiatives susciteront l’intérêt du public et renforceront la visibilité de notre cinéma», a-t-il souligné, réaffirmant la détermination de l’ENTV à faire renaître le cinéma sur le petit écran.
Cette réflexion sur le support télévisuel a été enrichie par les propos d’Ahmed Bedjaoui, figure historique du cinémaalgérien. Pour lui, le cinéma ne peut pleinement exister sans un maillage de salles obscures et une production soutenue. Il est ensuite revenu sur son parcours singulier, débutant dans les années 50 à Tlemcen, où son oncle gérait pas moins de 54 salles. «C’est là que j’ai découvert le cinéma en 16 mm. Vingt ans plus tard, c’est moi qui programmais ces mêmes films dans mon ciné-club», a-t-il raconté.
Après des études à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) à Paris, il retourne en Algérie et intègre la Cinémathèque algérienne sur invitation de Mahieddine Moussaoui. D’abord chargé de communication, il devient le premier critique de cinéma algérien à publier dans El Moudjahid, avant d’animer l’émission «Manber cinéma» avec Slimane Riadh, commentant chaque semaine une dizaine de films en avant-première dans les salles algéroises.
Repéré en 1968 par Mohamed Rezoug, alors directeur de la Radiodiffusion-télévision algérienne (RTA), il se voit confier une émission dédiée au cinéma. Il crée ensuite, un an plus tard, le premier ciné-club du bassin méditerranéen axé sur l’analyse filmique, posant ainsi une pierre angulaire dans la formation du regard cinéphile en Algérie. Son témoignage a rappelé que l’avenir du cinéma national se construit aussi en s’appuyant sur la richesse de son passé.
Amina S.
Renaissance télévisuelle du cinéma algérien: L’ENTV s’engage pour une nouvelle génération de créateurs

