Bien qu’il soit orthopédiste de formation, Rachid Bellahsene est aussi un homme de mémoire. Né en 1978 à Cherchell, il incarne cette génération de praticiens qui ne se contentent pas de soigner les corps, mais s’attachent aussi à guérir l’oubli. Entre 2009 et 2014, alors qu’il exerce à Djelfa, il découvre une figure locale aussi discrète qu’emblématique : le Dr Khodja, surnommé Tbib El Arbi.
Ce médecin, profondément enraciné dans la communauté, devient pour Bellahsene une source d’inspiration et de questionnement. Ce n’est pas un simple intérêt biographique qui anime alors le jeune orthopédiste, mais une véritable enquête historique et humaine.
Il se plonge dans les archives, recueille des témoignages, sillonne les lieux de mémoire. De cette démarche rigoureuse et passionnée naît un ouvrage :
Dr Khodja, Tbib El Arbi à Djelfa, publié par le Laboratoire de Recherche Historique et Archéologique du Centre Universitaire de Tipasa.
Ce premier ouvrage révèle un auteur sensible, précis, habité par le souci de transmission. À travers ce livre, Rachid Bellahsene redonne chair à une figure oubliée, tout en interrogeant le rôle du médecin dans la société algérienne du XXe siècle.
Il y mêle récit de vie, contexte historique et hommage à une éthique du soin fondée sur la proximité, l’écoute et l’engagement. Loin d’un simple portrait, son travail restitue une époque, une manière d’exercer, une relation au patient empreinte de respect et de responsabilité.
Le projet s’inscrit dans une volonté plus large : celle de préserver les traces de ceux qui ont œuvré dans l’ombre, avec humanité et constance, sans jamais chercher la reconnaissance .
A. S
Rachid Bellahsene: Quand la médecine rencontre la mémoire
