Malek Reda Kerdel: À la croisée des sciences, de la lumière et du sacré

Biologiste de formation, délégué médical de profession, Malek Reda Kerdel est de ces esprits pluriels qui refusent les cloisonnements. Son parcours, à la fois rigoureux et sensible, témoigne d’un regard curieux, d’une quête de sens et d’une profonde fidélité à la mémoire des lieux et des hommes.
Avec Atlas hagiographique, son tout premier ouvrage, il franchit le seuil de l’écriture pour offrir un hommage vibrant aux maîtres soufis algériens et aux figures spirituelles qui peuplent l’imaginaire du Sud. Mais avant les mots, il y eut l’image.
Photographe passionné, Kerdel a arpenté les reliefs de Djelfa, captant la lumière sur les pierres, les silences des qoubbas, les traces d’une spiritualité enracinée.
Certaines de ses photographies ont d’ailleurs été retenues dans Mémoire de pierres, ouvrage de référence signé Ginette Aumassip et Sid Ahmed Kerzabi.
Ce regard d’esthète, nourri de terrain et de contemplation, irrigue aujourd’hui son écriture.
Dans Atlas hagiographique, il ne s’agit pas seulement de dresser un inventaire des saints ou des mausolées. Il s’agit de raconter des vies, de faire entendre des voix, de restituer le rôle social, moral et symbolique de ces lieux de dévotion. À travers des récits détaillés, souvent inédits, Malek Kerdel explore la spiritualité populaire comme un fil vivant entre passé et présent, entre mémoire et transmission. Son approche, à la fois documentaire et poétique, scientifique et sensible, fait de lui un passeur. Un passeur entre disciplines, entre générations, entre le visible et l’invisible.
En conjuguant rigueur de l’observation et ferveur du témoignage, il redonne souffle à un patrimoine souvent méconnu, parfois menacé, toujours vibrant. Avec ce premier livre, Malek Reda Kerdel ne signe pas seulement une œuvre : il ouvre un chemin. Celui d’une Algérie intérieure, profonde, spirituelle, que l’on redécouvre à travers ses mots et ses images. Un chemin de lumière et de mémoire .
Amina S.