Prisons marocaines: Des journalistes algériens brisent le black-out

Face à la dégradation alarmante des conditions de détention des prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines, le Réseau des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui a franchi un cap.
Réuni hier samedi à Alger au siège du Centre d’Information sahraoui, il a annoncé la création d’un Comité de suivi dédié à la situation de ces détenus, une décision présentée comme une réponse directe au cri de détresse lancé par Naâma Asfari, membre du groupe Gdeim Izik.
Ce militant sahraoui est en grève de la faim illimitée depuis le 8 juin, pour protester contre la violation de ses droits fondamentaux et l’interdiction faite à son épouse, la militante française des droits de l’Homme Claude Mangin, de lui rendre visite.
Son cas cristallise unesituation que le Réseau qualifie d’«évolution dangereuse», dénonçant des traitements inhumains et des violations flagrantes du droit humanitaire international.
Le président du Réseau, Mustapha Aït Mouhoub, a rappelé dans son allocution que le Comité des Nations Unies contre la torture avait, dès 2023, statué sur le caractère illégal de la détention des membres du groupe Gdeim Izik, condamnés à de lourdes peines, dont la perpétuité pour certains, et réclamé leur libération ainsi que la réparation des préjudices subis.
Des résolutions que le Maroc continue d’ignorer, selon le Réseau, qui appelle les organisations de défense des droits de l’Homme, les instances médiatiques et la société civile internationale à hausser le ton.
Le vice-président du Réseau, Abdelkader Boudjella, a été on ne peut plus clair : «Nous ne réclamons que ce que recommande l’ONU.»
Pour Naâma Asfari en particulier, il exige une libération pour raisons humanitaires et le respect de sa dignité. Présent à la conférence, l’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique à Alger, Khatri Eddouh, a abondé dans le même sens, estimant qu’une puissance d’occupation animée d’une réelle volonté de paix aurait depuis longtemps libéré ces détenus comme geste de bonne foi.
Il a salué l’initiative des journalistes algériens, saluant leur rôle dans la rupture du black-out médiatique que le Maroc impose sur le Sahara occidental occupé.
Lotfi L.-E