Jeudi soir, l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih a vibré au rythme d’une œuvre singulière. Rihla — le voyage, a tenu toutes ses promesses devant une salle comble, offrant au public une plongée chorégraphique et sensorielle dans les profondeurs de l’identité algérienne.
Mise en scène et écrite par Ayoub Nasserellah Belmehel, cette création du Ballet national de l’Opéra d’Alger suit le parcours initiatique de Rahal, jeune artiste en quête de ses racines.
Mais derrière ce fil narratif intime se déploie un récit bien plus vaste : celui d’un peuple, de sa mémoire, de ses figures tutélaires et de ses symboles. Trois mois de préparation auront été nécessaires pour donner corps à cette vision, portée par de jeunes talents du ballet auxquels le metteur en scène a voulu offrir une tribune à la hauteur de leur art.
Sur scène, les corps parlent autant que les mots. La danse contemporaine dialogue avec le folklore algérien dans toute sa diversité, costumes traditionnels, danses régionales, musique populaire exécutée en off, tandis que le conteur Nasser Soudani tisse, dans une interaction directe avec les danseurs, un espace de poésie rare. Sous un éclairage feutré et une scénographie chargée de symboles, la comédienne Amel Faiza complète un plateau où chaque tableau devient une station de mémoire.
Produit sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, Rihla n’est pas destiné à s’arrêter aux portes de la capitale. Une tournée nationale dans plusieurs villes algériennes est prévue prochainement, pour que ce voyage, décidément, n’ait pas de fin.
A. S.
Rihla à l’Opéra d’Alger: Un voyage dans les entrailles de la mémoire algérienne
