Les prisons israéliennes n’ont jamais été aussi remplies. Début avril 2026, plus de 9 600 Palestiniens et Arabes y sont incarcérés, selon un décompte établi par plusieurs associations de défense des prisonniers.
Ce chiffre représente une hausse spectaculaire de 83% par rapport à la période qui a précédé le déclenchement de la guerre contre Ghaza.
Parmi ces détenus, des profils particulièrement vulnérables émergent. Près de 350 enfants sont actuellement enfermés, essentiellement dans les centres de détention d’Ofer et de Megiddo.
Les femmes ne sont pas épargnées : 86 d’entre elles sont incarcérées, une partie en détention dite «administrative», une mesure qui permet d’emprisonner sans charge ni jugement.
Cette pratique a explosé : plus de 3 500 personnes sont aujourd’hui privées de tout procès équitable, contre un peu plus de 1 300 auparavant. Autrement dit, près d’un détenu sur deux se trouve dans cette zone grise juridique.
Le système de détention s’est profondément durci. Ne sont plus visés uniquement les profils habituellement ciblés par l’occupant. Des étudiants, des journalistes, des militants politiques ou encore des figures de la société civile sont désormais régulièrement arrêtés.
La qualification de «combattant illégal» est également de plus en plus utilisée : plus de 1 200 personnes relèvent de ce statut, ce qui les place en dehors de tout cadre judiciaire classique.
Sur le plan sanitaire, la situation est alarmante. De nombreux détenus malades voient leur état se détériorer faute d’accès aux soins, dans des conditions de détention souvent dénoncées comme inhumaines. Par ailleurs, le nombre de décès en captivité ne cesse d’augmenter. Depuis 1967, 326 prisonniers palestiniens sont morts derrière les barreaux, dont 89 depuis le début de la guerre actuelle. Certains cas, particulièrement ceux de détenus originaires de Ghaza, restent entourés de zones d’ombre, des organisations accusant les autorités israéliennes de pratiquer des disparitions forcées.
Autre pratique controversée : la rétention des corps. Les autorités israéliennes refuseraient de restituer les dépouilles de 97 prisonniers décédés, un chiffre en nette progression.
Cette politique, régulièrement dénoncée par les défenseurs des droits humains, frappe au cœur les familles et entretient la douleur collective. Au-delà des statistiques, c’est tout un pan du conflit qui se joue dans les cellules. La question des prisonniers est devenue un symbole puissant, cristallisant les tensions politiques, les accusations de violations fondamentales et l’impasse persistante vers une paix durable.
M. M.
Plus de 9 600 Palestiniens détenus: L’escalade carcérale sioniste frappe les enfants, les femmes et les malades

