Le président libanais, Joseph Aoun, a qualifié vendredi de «cruciaux» les pourparlers directs avec l’entité sioniste, estimant que le cessez-le-feu conclu la veille représente le début d’un processus de négociations vers le retour de la paix. «Les pourparlers directs sont cruciaux […] et un cessez-le-feu représente le début d’un processus de négociations, une voie soutenue au niveau local et international», a souligné le chef de l’État libanais dans un communiqué.
Aoun a rappelé les objectifs de Beyrouth : «consolider le cessez-le-feu, obtenir le retrait des forces (sionistes) des territoires du sud occupés, récupérer les prisonniers et traiter les contentieux frontaliers». Un accord de cessez-le-feu d’une durée de dix jours était entré en vigueur vendredi dernier à minuit, après une agression sioniste sanglante qui a fait des milliers de martyrs et de blessés depuis le 2 mars.
Pourtant, des violations ont déjà été constatées : l’agence de presse libanaise ANI a rapporté que l’artillerie sioniste a ouvert le feu sur la ville de Khiam, dans le sud du pays, où cinq obus ont touché la ville. Des tirs ont également été signalés près de la frontière, et une ambulance a été touchée, faisant des blessés. De son côté, le député du Hezbollah au parlement libanais, Ibrahim Moussaoui, a affirmé que la résistance respecterait le cessez-le-feu si les frappes sionistes cessaient.
«Tant que les forces d’occupation israéliennes arrêtent leur agression et ne violent pas le cessez-le-feu, nous le respecterons également», a-t-il déclaré à CNN, précisant que l’Iran avait informé les responsables du Hezbollah de la trêve imminente avant son annonce publique. Il a ajouté que l’accord «doit couvrir l’ensemble du territoire libanais, encadrer les mouvements, et constituer le début d’un retrait israélien des terres libanaises».
Un responsable du Hezbollah a renchéri auprès d’Al Jazeera : «Le cessez-le-feu ne peut inclure aucune liberté de mouvement pour l’ennemi qui nous ramènerait à la situation d’avant le 2 mars.»
Et d’insister : «Tant que l’occupation reste sur notre terre, le Liban et son peuple ont le droit de résister par tous les moyens pour la contraindre au retrait.»
Le président américain Donald Trump avait annoncé cette trêve de dix jours entre l’entité sioniste et le Liban, qui devait débuter jeudi soir.
Malik M.
Cessez-le-feu au Liban: Beyrouth parle de «pourparlers cruciaux» tandis que le Hezbollah met en garde

