PLF 2026:Les «inquiétudes» du FFS

Bien qu’il ne participe pas au débat autour du Projet de loi de finances (PLF), à l’Assemblée populaire nationale (APN), le Front des forces socialistes (FFS) qui n’y est pas représenté ne s’empêche pas de décortiquer le texte du gouvernement. Et tout en soutenant la préservation du caractère social de l’état contenu dans le projet, le parti a, dans une déclaration publiée hier, affiché un certain nombre d’inquiétudes et a soumis ses propositions.
D’emblée, le FFS s’interroge sur le prix de référence du baril de pétrole sur lequel est construit le budget qui est de 70 dollars. Une «prévision optimiste» qui n’est pas justifiée, dit-il, sachant que «le FMI et la Banque mondiale prévoient des prix du pétrole autour de 61 à 64 dollars le baril en 2026». «Autrement dit, la moindre baisse des cours exposerait notre pays à des coupes (austéritaires) brutales ou à un endettement encore plus lourd», averti le parti. Sur le fond, le FFS ne cache pas ses inquiétudes basées sur le fait que le projet de loi de finances «soit trop porté, à la fois, sur la gestion de la dette et sur son financement “non conventionnel” déguisé».
«À titre d’illustration, l’une des mesures clés du PLF 2026 consiste à modifier en profondeur les conditions d’octroi des avances de la Banque d’Algérie au Trésor : remplacement de la notion de «recettes ordinaires» par celle, beaucoup plus large, de «ressources budgétaires» ; augmentation du plafond de ces avances de 10% à 20% ; prolongation de la durée de remboursement à une année, renouvelable une fois», s’alarme
le parti qui revient également sur la persistance des «dépenses imprévues» annuelles, à plus de 2 000 milliards de dinars, «soit environ 12% du budget total». Un tel volume d’imprévus «n’est pas normal», estime le FFS, jugeant qu’il «démontre l’opacité dans l’affectation des ressources et leur pilotage au jour le jour, laissant une marge discrétionnaire démesurée à l’exécutif, au détriment du contrôle».
Exprimant son «rejet» du PLF, le parti plaide «pour une profonde réforme fiscale, progressive et plus équitable, en mesure d’amorcer un cadre institutionnel et juridique qui permet la bonne gouvernance de l’État par la maîtrise des dépenses budgétaires et la gestion rigoureuse des investissements publics». Le pays «mérite une stratégie budgétaire mieux réfléchie et plus cohérente, capable de répondre aux aspirations populaires de développement économique et de prospérité sociale», estime-t-il, affichant son souhait de voir la loi organique 15-18 régissant les lois de finances «révisée».
Le FFS qui compte revenir à l’APN à l’occasion des prochaines législatives, a enfin rappelé que «participer massivement aux prochaines échéances, c’est se donner les moyens d’obtenir un véritable contrôle des finances publiques»
Farid B.