Nucléaire, sanctions et détroit d’Ormuz:Téhéran répond à Washington, tandis que Trump menace

L’Iran a officiellement répondu à une nouvelle proposition américaine visant à sortir de l’impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre, a indiqué ce lundi le ministère iranien des Affaires étrangères. «Nos préoccupations ont été transmises à la partie américaine», a déclaré le porte-parole Esmaïl Baghaï, précisant que les échanges se poursuivaient «via le médiateur pakistanais».
Toutefois, selon les médias iraniens, Washington n’a accordé «aucune concession concrète» dans sa réponse aux propositions iraniennes, notamment sur le dossier nucléaire, principal sujet de divergence entre les deux pays.
L’agence Fars rapporte que les États-Unis ont présenté une liste de cinq points exigeant notamment que l’Iran ne maintienne qu’un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d’uranium hautement enrichi vers le territoire américain.
De plus, Washington aurait refusé de débloquer «ne serait-ce que 25%» des avoirs iraniens gelés à l’étranger, ainsi que de verser des réparations pour les dommages subis par l’Iran pendant la guerre.
L’agence Mehr, citant des sources proches des négociations, a dénoncé «des conditions excessives» imposées par Washington, notamment «des restrictions très strictes et de longue durée sur le secteur nucléaire iranien». Elle ajoute que les États-Unis ont conditionné la cessation des hostilités sur tous les fronts à l’ouverture de négociations élargies. Par ailleurs, Esmaïl Baghaï a fermement rappelé que l’Iran «ne discutera pas de son droit à l’enrichissement» dans le cadre des pourparlers avec Washington, réaffirmant une ligne rouge historique de la République islamique.
Sur un autre front stratégique, le Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne a officiellement annoncé hier lundi la création d’une nouvelle «Autorité de gestion du détroit d’Ormuz», une voie d’eau cruciale par laquelle transite une part importante du pétrole mondial.
Un compte officiel sur la plateforme X a été lancé pour diffuser les mises à jour.
Baghaï a précisé que cette nouvelle «mécanique de transit» faisait l’objet d’une coordination avec le sultanat d’Oman, sans fournir davantage de détails opérationnels.
Dans un contexte de tensions croissantes, le président américain Donald Trump a durci sa rhétorique. Dimanche dernier, il a écrit sur son réseau Truth Social : «Pour l’Iran, le temps presse. Ils feraient mieux d’agir vite, sinon il ne restera rien d’eux.»
La veille, il avait publié une image générée par intelligence artificielle le montrant entouré de navires de guerre au milieu de vagues déchaînées, accompagnée de la légende : «C’était le calme avant la tempête.»
Une mise en scène qui intervient alors que les pourparlers indirects entre Téhéran et Washington peinent à avancer, et que la menace d’une escalade militaire plane à nouveau sur le golfe Persique.
Malik M.