Nouveau Code de la route: Prévention renforcée et sanctions ciblées

Le projet de loi portant nouveau Code de la route, actuellement soumis au Conseil de la nation, marque un changement majeur dans la stratégie des autorités publiques en matière de sécurité routière.
Selon le président de l’Académie nationale de la sécurité routière, Ali Chekian, ce texte répond à une situation alarmante caractérisée par un nombre élevé d’accidents, de décès, de blessés et de personnes lourdement handicapées, avec des conséquences humaines, sociales et économiques considérables pour l’État et la société.
Conformément aux orientations du président de la République, le nouveau Code repose sur une approche équilibrée combinant prévention et coercition.
L’axe préventif vise à agir en amont de l’accident, en réduisant les facteurs de risque tout au long de la chaîne de la circulation. Il prévoit notamment le renforcement de la formation et de la qualification dans les auto-écoles, l’unification des programmes pédagogiques, leur connexion à des plateformes numériques d’évaluation, ainsi que le durcissement des conditions d’obtention et de renouvellement du permis de conduire, en particulier pour les conducteurs professionnels.
Le texte accorde également une attention particulière au transport collectif, à travers la réorganisation des établissements concernés et l’activation de mesures de sécurité renforcées. Celles-ci incluent l’obligation d’un conducteur accompagnateur pour les longs trajets, la formation spécifique des chauffeurs de transport scolaire, la régulation des horaires de travail et de repos, le renouvellement du parc d’autobus, le traitement des points noirs sur les routes et l’amélioration de l’ingénierie routière.
Sur le plan coercitif, le projet de loi introduit une fermeté accrue face aux comportements dangereux, avec un durcissement des sanctions à l’encontre des conducteurs responsables d’accidents mortels, notamment en cas de conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants.
Il prévoit aussi l’accélération de la généralisation du permis de conduire à points, ainsi que la mise en place d’un registre national des infractions, destiné à centraliser les données entre services de sécurité, juridictions et compagnies d’assurance. Ali Chekian souligne enfin que la répression n’est pas une finalité, mais un moyen de corriger les comportements à risque et de protéger la vie humaine.
F. H.