L’argent dort, les projets attendent, et l’Algérie a décidé de secouer le cocotier de l’entrepreneuriat. Ce mardi à Alger, l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (NESDA) et le géant saoudo-algérien ASICOM ont scellé un partenariat qui pourrait changer la donne pour des milliers de porteurs de projets.
Une convention signée en marge d’une conférence dédiée au développement des micro-entreprises, sous le regard attentif des cadres des deux institutions.
Jusqu’ici, créer sa boîte via la NESDA était un exploit.
La faire grandir, un luxe inaccessible faute de moyens. Ce temps-là pourrait bientôt révolu.
Bilal Achacha, le patron de l’agence, ne mâche pas ses mots : il s’agit désormais de faire passer les micro-entreprises «de la phase de création à celle de la croissance et de l’expansion». Traduction : fini le temps où l’on se contentait de survivre, place à la conquête des marchés.
La recette ? Des financements innovants et des partenariats qui claquent. ASICOM, poids lourd de l’investissement, met la main à la poche pour arroser les pépites qui sortiront du vivier NESDA. Mais attention, on ne prend pas n’importe qui : les heureux élus seront choisis au cas par cas, selon leurs besoins, leur potentiel et surtout, leur capacité à s’intégrer dans le tissu économique national.
Une sélection drastique pour des résultats à la hauteur.
Achacha en a profité pour lancer un appel clair à tous les fonds de financement : investissez dans ces micro-entreprises, elles sont l’avenir. Un message qui tombe à pic alors que l’Algérie cherche à diversifier son économie et à sortir de la dépendance aux hydrocarbures.
Côté saoudien, Mohamed Salhi, directeur général d’ASICOM, affiche une ambition tout aussi tranchante. Pour lui, ce partenariat n’est pas une opération de charité, mais un investissement dans la création de «valeur ajoutée durable». Les micro-entreprises ne sont pas des assistées, martèle-t-il, mais des «leviers essentiels pour la diversification économique, la création de richesse et d’emplois». Autrement dit, on mise sur des gagnants.
La conférence n’a pas été un simple exercice de signature de conventions. Les porteurs de projets, ceux qui transpirent chaque jour pour faire tourner leur affaire, ont pris la parole.
Et ils n’ont pas fait dans la langue de bois.
Leurs préoccupations ?
Le financement, toujours le financement, mais aussi l’accompagnement dans la phase d’expansion, la conquête de nouveaux marchés, la compétitivité.
Des échanges musclés qui ont permis aux décideurs de prendre le pouls du terrain.
Au final, cette rencontre a posé les bases d’une nouvelle dynamique : celle d’un écosystème où les micro-entreprises ne sont plus des éternelles assistées, mais de véritables acteurs économiques.
Reste à voir si la machine se mettra en marche rapidement.
Car les porteurs de projets, eux, n’attendent plus. Ils ont faim de croissance. Et cette fois, ils ont peut-être trouvé les bons partenaires pour les aider à passer à table .
Fateh H.
NESDA-ASICOM: Un mariage algéro-saoudien pour faire décoller les micro-entreprises

