Négociations sous tension: Trump reporte les frappes contre l’Iran, Téhéran pose ses conditions

Le président américain Donald Trump a annoncé, dans la soirée du jeudi, le report de dix jours des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes, désormais repoussées au 6 avril prochain. Dans un message publié sur son compte sur une plateforme numérique, il a déclaré :
« Que ce message soit considéré comme une annonce du report de la période de destruction des installations énergétiques pour dix jours, jusqu’au 6 avril. » Trump a justifié cette décision par une demande prétendue du gouvernement iranien, sans que Téhéran n’apporte dans l’immédiat de réaction officielle à cette déclaration.
Le président américain a par ailleurs affirmé que « les négociations sont en cours et, malgré les informations erronées diffusées par les médias trompeurs, elles avancent de manière satisfaisante ». Ces propos interviennent alors que les États-Unis et l’entité sioniste poursuivent leur agression contre l’Iran depuis le 28 février 2026, dans un contexte de fortes inquiétudes régionales quant à une extension incontrôlée du conflit et à une possible invasion terrestre, en raison des déploiements militaires américains continus au Moyen-Orient.
Il y a quelques jours, Trump avait menacé de détruire les installations énergétiques iraniennes si le détroit d’Ormuz n’était pas ouvert dans un délai de 48 heures, avant d’annoncer de manière inattendue l’existence d’un intérêt partagé entre les deux pays pour un accord mettant fin à la guerre. Lundi dernier, il avait déjà évoqué des discussions « bonnes et très productives » avec l’Iran pendant deux jours, ordonnant alors le report de frappes militaires prévues contre les centrales et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours.
L’agression américano-sioniste a causé des centaines de morts, parmi lesquels figurent le Guide suprême Ali Khamenei et de hauts responsables sécuritaires.
En riposte, Téhéran a lancé des missiles et des drones vers l’entité sioniste, et cible ce qu’elle qualifie d’« intérêts américains » dans plusieurs pays arabes, provoquant des pertes humaines et des dégâts matériels considérables.
Selon l’agence de presse Tasnim, citant une source informée, l’Iran a officiellement transmis mercredi soir, par l’intermédiaire de médiateurs, sa réponse aux quinze points proposés par les États-Unis. Téhéran attend désormais la réaction de la partie américaine. D’après la même source, l’Iran a insisté sur la nécessité de mettre fin à l’agression et aux assassinats ciblés, d’instaurer des garanties concrètes empêchant toute reprise de la guerre, ainsi que sur une indemnisation claire des dommages de guerre.
L’Iran a également posé comme condition que la fin de la guerre soit appliquée sur tous les fronts, y compris en ce qui concerne les factions de la résistance impliquées dans le conflit à travers la région. L’agence Tasnim a souligné que l’exercice de la souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz est « un droit naturel et légitime » du pays, qui reste la garantie de la mise en œuvre des engagements de la partie adverse.
La source iranienne a précisé que ces conditions sont distinctes des demandes formulées lors de la deuxième série de négociations à Genève, quelques jours avant le déclenchement de l’agression américano-sioniste.
Par ailleurs, un haut responsable iranien a confié à Reuters que la proposition américaine de cessez-le-feu, transmise par le Pakistan à Téhéran, a été « minutieusement examinée mercredi soir par de hauts responsables iraniens et par le représentant du Guide suprême ». Selon lui, cette proposition ne répond pas aux exigences minimales de succès et ne sert que les intérêts américains et israéliens, ajoutant que si le réalisme prévalait à Washington, « une voie à suivre pourrait être trouvée » pour résoudre la crise.
Plus tôt dans la journée de jeudi, Donald Trump avait appelé l’Iran à prendre « au sérieux » la proposition visant à mettre fin à la guerre qui dure depuis près de quatre semaines. Selon des rapports, la proposition américaine, composée de quinze points, inclurait l’élimination des stocks d’uranium hautement enrichi, l’arrêt des activités d’enrichissement, la limitation du programme balistique iranien, la cession du contrôle du détroit d’Ormuz et l’arrêt du soutien aux groupes alliés dans la région.
Alors que les deux camps affichent leur fermeté, la fenêtre diplomatique reste étroite, mais le report des frappes laisse entrevoir une possible issue négociée, à condition que les garanties et contreparties exigées par Téhéran soient prises en compte.
Malik.M.