L’horreur absolue à Minab: Le monde exige justice pour les enfants iraniens assassinés

Vendredi, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la voix du Haut-Commissaire Volker Türk a résonné comme un coup de semonce. Dans une intervention aussi solennelle que grave, il a dénoncé « l’horreur profonde » du bombardement qui, le 28 février dernier, a transformé l’école primaire Shajareh Tayyebeh de Minab, dans le sud de l’Iran, en un charnier à ciel ouvert. Plus de 165 victimes, pour l’essentiel des enfants âgés de 7 à 12 ans, ont été fauchées alors qu’ils étaient assis sur les bancs de l’école, dans ce qui constitue non seulement un crime de guerre, mais une atteinte indicible à l’innocence même.
« Les images de salles de classe bombardées et de parents en deuil ont clairement montré qui paie le prix le plus élevé de la guerre : les civils, qui n’ont aucun pouvoir sur les décisions qui ont mené au conflit », a martelé Volker Türk, visiblement ébranlé par l’ampleur de la tragédie. Sa déclaration, prononcée lors d’une session d’urgence consacrée à la sécurité des enfants dans les guerres au Moyen-Orient, la deuxième en une semaine, a mis en lumière une vérité que beaucoup préfèrent taire : la communauté internationale ne peut plus se contenter de condamnations de principe face au massacre délibéré d’enfants iraniens.
La République islamique d’Iran a immédiatement accusé l’armée américaine d’être responsable de cette frappe meurtrière. Si le président Donald Trump a d’abord tenté de nier toute implication, il a dû, devant l’évidence, faire machine arrière et admettre l’ouverture d’une enquête par le Pentagone.
Selon les révélations du New York Times, qui cite des responsables américains et des sources proches de l’enquête, le missile ayant dévasté l’école était bien américain. Autant dire que la responsabilité des États-Unis ne fait plus guère de doute. Face à ce constat accablant, Volker Türk a été sans ambiguïté : « De hauts responsables américains ont déclaré que la frappe faisait l’objet d’une enquête. J’appelle à ce que ce processus soit mené à son terme au plus vite et que ses conclusions soient rendues publiques. Justice doit être rendue pour le terrible préjudice causé. » En d’autres termes, le plus haut responsable onusien des droits de l’homme exige que l’enquête ne soit ni étouffée, ni retardée, et que les coupables répondent de leurs actes devant la justice.
Ce que demande l’Iran, ce que réclament les familles, c’est une justice pleine, publique, et exemplaire. La réunion d’urgence du Conseil des droits de l’homme à Genève a eu le mérite de remettre au centre du débat la protection des enfants en temps de guerre.
Mais les mots ne suffisent plus. La communauté internationale, qui se targue d’avoir érigé des principes universels après les horreurs du XXe siècle, est aujourd’hui jugée à l’aune de sa capacité à protéger les plus faibles. Or, à Minab, ce sont des enfants iraniens, des enfants de l’école primaire Shajareh Tayyebeh, qui ont payé de leur vie l’impunité des puissants. En ce moment même, alors que les familles pleurent leurs petits anges, la machine diplomatique tourne au ralenti. Les promesses d’enquête ne sauraient servir de paravent à l’inaction. L’Iran, qui a toujours été en première ligne face au terrorisme et aux menaces étrangères, attend aujourd’hui que la justice internationale soit à la hauteur de ses principes. Attendre que Washington, qui a frappé, cesse de tergiverser et reconnaisse sa responsabilité. Tant que cette exigence ne sera pas satisfaite, le cri des enfants iraniens continuera de hanter la conscience de l’humanité .
Malik.M.