Maroc:Le peuple contre la normalisation, Ghaza au cœur de la lutte

Une très large majorité du peuple marocain rejette avec force la normalisation avec l’entité sioniste.
Ce rejet s’exprime à travers des protestations massives, des prises de position de partis politiques et d’organisations, et un attachement indéfectible à la cause palestinienne.
Alors que les autorités marocaines intensifient leur coopération avec Tel-Aviv dans les domaines sécuritaire, économique, technologique et culturel, la société civile dénonce une politique menée au détriment de la souveraineté nationale et en totale contradiction avec la volonté populaire.
Massaâf Abou Al-Chetaâ, membre de l’Observatoire marocain contre la normalisation, souligne qu’il ne s’agit plus seulement de relations sur le papier, mais d’une normalisation concrète qui s’étend aux partenariats commerciaux, à l’éducation et à la culture, sans parler du volet militaire.
Dans le contexte du génocide et du blocus imposés à Ghaza, ce rapprochement avec l’occupant accentue le sentiment de rupture entre le peuple marocain et ses dirigeants.
L’Association marocaine des droits humains (AMDH) met en garde contre les dérives dangereuses de la normalisation dans le domaine éducatif.
Selon elle, des tentatives organisées cherchent à infiltrer l’école marocaine pour adapter ses programmes aux agendas sionistes, visant à fausser la conscience des générations et effacer la mémoire de la cause palestinienne.
L’AMDH insiste sur la nécessité de contrer toute tentative visant à vider le système éducatif de ses valeurs de solidarité et de dignité, et de les remplacer par une culture de soumission et de normalisation.
Elle estime que ce processus n’est ni innocent ni isolé, mais qu’il s’inscrit dans une stratégie plus large de contrôle de la mémoire collective et d’effacement de la cause palestinienne des consciences.
La contestation populaire contre la normalisation est accompagnée d’une répression accrue.
Des centaines de militants ont été poursuivis pour avoir participé à des campagnes de boycott visant les entreprises complices de l’armée sioniste.
Le cas d’Abderrahmane Zankad, militant de Jamaâ Al-Adl wal-Ihsan, illustre cette dérive : condamné à cinq ans de prison en 2024 pour avoir dénoncé sur Facebook la trahison des dirigeants arabes favorables à la normalisation. Massaâf Abou Al-Chetaâ déplore que le rejet de la normalisation, qui devrait être une position politique légitime, soit devenu un prétexte pour restreindre l’action des militants et étouffer les voix opposées à cette mascarade.
Cinq ans après les accords d’Abraham, le fossé entre le Makhzen et le peuple marocain ne cesse de s’élargir. Les images des souffrances palestiniennes à Ghaza nourrissent une indignation profonde et renforcent la conviction que la normalisation est une trahison des valeurs de liberté et de justice.
Le peuple marocain, fidèle à son histoire de solidarité avec la Palestine, continue de se dresser contre cette politique imposée, affirmant que Ghaza n’est pas seule et que la cause palestinienne reste au cœur de sa conscience collective.
M. M.