Ghaza: L’aide humanitaire prise en otage

Médecins Sans Frontières (MSF) a dénoncé avec force les nouvelles règles imposées par l’occupation israélienne concernant l’enregistrement des ONG, qualifiant cette mesure d’«ingérence scandaleuse» et de «grave coup porté à l’aide humanitaire» dans la bande de Ghza.
Dans un contexte où les travailleurs médicaux et humanitaires sont intimidés, arbitrairement détenus, attaqués et tués, exiger la transmission des listes de personnel palestinien comme condition d’accès est, selon MSF, une violation flagrante des principes humanitaires. L’organisation rappelle que 15 de ses collègues ont déjà été tués depuis le début de l’agression contre Ghaza en octobre 2023.
MSF exprime ses préoccupations légitimes quant au partage des données sensibles de ses employés palestiniens, soulignant l’absence totale de transparence sur l’usage, la conservation ou la diffusion de ces informations.
Pour l’ONG, cette réglementation n’est rien d’autre qu’une tentative cynique et calculée d’empêcher les organisations de fournir des soins et de l’aide vitale à Ghaza et en Cisjordanie.
Elle dénonce l’utilisation de l’aide humanitaire comme outil de punition collective, une pratique contraire au droit international.
Les conséquences sont dramatiques : malgré un accord de cessez-le-feu prévoyant l’entrée de 600 camions par jour, seuls 100 à 300 camions parviennent à acheminer de l’aide, selon les ONG et l’ONU. Cette insuffisance chronique prive des centaines de milliers de Palestiniens de nourriture, de médicaments et de biens essentiels. Vendredi dernier, une cinquantaine d’ONG ont uni leurs voix pour alerter sur la suspension des licences de 37 organisations opérant en Palestine. Elles avertissent que cette décision empêchera l’acheminement d’une aide vitale, aggravant encore la catastrophe humanitaire.