Le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, Si El Hachemi Assad, a appelé depuis El Bayadh à mobiliser l’ensemble des acteurs pour exploiter et préserver les manuscrits amazighs rédigés en caractères arabes, véritables témoins de la mémoire collective nationale.
S’exprimant en marge des préparatifs du colloque national prévu les 7 et 8 juin à Boussemghoun, il a souligné l’existence d’un vaste fonds de manuscrits, encore largement méconnu.
Conservés par des familles à travers différentes régions, ces documents sont transmis de génération en génération sans inventaire scientifique ni catalogage rigoureux.
Selon lui, ces écrits reflètent l’ingéniosité des ancêtres qui ont su adapter les caractères arabes pour préserver et transmettre la langue amazighe. Ils constituent ainsi un témoignage vivant de sa richesse, de sa diversité et de sa capacité d’adaptation à travers les siècles.
Le responsable a également rappelé que ce patrimoine a été fortement affecté durant la période coloniale, marquée par des destructions, des pillages et des trafics, entraînant la perte de nombreux documents précieux. Les manuscrits encore existants revêtent aujourd’hui une valeur inestimable et nécessitent une protection urgente. Au-delà de leur portée historique, ces textes offrent un champ de recherche considérable, permettant d’explorer l’évolution linguistique de l’amazigh dans ses différentes variantes régionales, de la Kabylie aux Aurès, du M’zab aux régions touarègues.
Le colloque à venir réunira universitaires, chercheurs et spécialistes, avec au programme conférences, ateliers de restauration et de numérisation, ainsi que des espaces dédiés au livre amazigh.
Une initiative qui vise à redonner toute sa place à ce patrimoine unique et à en assurer la transmission aux générations futures.
A. S.
Manuscrits amazighs: Un trésor à sauver et à valoriser

