Loi de finances 2027 : Lebbou présente ses mesures devant l’APN

Face aux députés de l’Assemblée populaire nationale, réunis hier lundi en séance plénière sous la présidence de Khalida Boufedeche, le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, a défendu un projet de loi de finances pour 2027 qui cherche à tenir deux promesses à la fois, relancer l’économie et épargner les ménages. Il l’a fait en rappelant le contexte dans lequel le texte a été conçu, celui d’une incertitude géopolitique persistante, de pressions inflationnistes et de marchés de l’énergie instables.
C’est en réponse à cet environnement que le gouvernement avance une série de mesures qui touchent à l’investissement, à la fiscalité et à l’administration. Le projet entend d’abord réorganiser le cadre institutionnel de l’investissement autour de trois organismes, l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, le Conseil national de l’investissement et le Guichet unique.

Il propose aussi de rendre obligatoires la déclaration et le paiement à distance pour les contribuables relevant de l’impôt forfaitaire unique, un pas de plus vers la modernisation de l’administration.
S’y ajoutent l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement de la conformité et de la transparence, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, ainsi que des dispositions douanières et d’autres relatives aux biens de l’État. Côté pouvoir d’achat, le texte reconduit jusqu’au 31 décembre 2029 l’exonération de TVA sur l’importation et la vente de légumineuses, ainsi que sur la vente de fruits et légumes frais, d’œufs de consommation, de poulet de chair et de dinde produits localement. Une mesure qui touche directement le panier quotidien des familles et qui soutient, au passage, la production nationale.

Sur le plan des chiffres, le gouvernement table sur une croissance de 4,2% en 2027. Les recettes budgétaires devraient dépasser 9 251,1 milliards de dinars, pour des dépenses de 17 251,6 milliards en autorisations d’engagement et de 17 882,6 milliards en crédits de paiement. Les dépenses de transfert, qui financent pour l’essentiel les subventions des produits de large consommation, atteindraient 4 356,64 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 4 415,35 milliards en crédits de paiement. Le ministre a également dressé un état des lieux de l’année en cours, plutôt flatteur. La croissance de 2026 devrait avoisiner 4,3%, portée par un secteur hors hydrocarbures en hausse de 4,8% et par un secteur des hydrocarbures qui retrouve des couleurs avec 1% de croissance.

Le produit intérieur brut dépasserait 48 723 milliards de dinars en valeur nominale. Les recettes budgétaires seraient supérieures à 8 611 milliards de dinars, pour des dépenses d’un peu plus de
17 636 milliards, restées dans les limites des crédits ouverts par la loi de finances 2026, ce qui traduit, selon lui, une amélioration des équilibres budgétaires. La fiscalité pétrolière recouvrée devrait pour sa part grimper à 4 157,2 milliards de dinars, grâce à la hausse attendue des exportations d’hydrocarbures.
L’excédent dégagé viendrait alimenter le Fonds de régulation des recettes à hauteur d’environ 1 459 milliards de dinars. La séance se poursuit avec l’ouverture du débat, au cours duquel les députés vont s’exprimer sur les dispositions du projet de loi.

Samira G.