Logement, frais de séjour, inscription: Etudier en France va coûter cher

Etudier en France, pour des milliers de jeunes Algériens, a longtemps représenté un projet ambitieux mais accessible. Cette équation est en train de changer.
Plusieurs mesures récemment entérinées par les autorités françaises vont alourdir, dans des proportions notables, le coût du séjour étudiant, touchant à la fois le logement, les conditions de séjour et les frais d’inscription universitaire.

La fin des APL pour de nombreux étudiants extra-européens
Premier coup dur, à compter du 1er juillet, les étudiants étrangers originaires de pays hors Union européenne et ne disposant pas d’une bourse perdront l’accès aux aides personnalisées au logement. Selon le texte réglementaire publié au Journal officiel,
l’objectif assumé est de limiter l’accès à ce droit pour les étudiants extra-communautaires.
Pour les organisations étudiantes, le choc sera immédiat. Elles estiment que les étudiants concernés perdront entre 150 et 250 euros par mois, une somme loin d’être anodine pour des budgets déjà serrés.
D’autant que ces aides constituaient, pour beaucoup, l’un des rares soutiens financiers auxquels ils pouvaient prétendre une fois sur le sol français.

Des ressources financières exigées en forte hausse
Le coup de massue ne s’arrête pas là. Un second décret relève les conditions financières exigées pour l’obtention d’un titre de séjour étudiant. À partir du 1er août, les ressortissants de pays tiers devront justifier de ressources nettement plus élevées pour espérer décrocher leur titre de séjour mention «étudiant». Le nouveau seuil grimpe à 47% du SMIC brut français, soit environ 870 euros par mois, contre 615 euros jusqu’ici. Une augmentation de plus de 250 euros mensuels à justifier, qui risque de compliquer sérieusement les démarches de nombreux candidats, en particulier ceux qui ne bénéficient pas d’un solide soutien familial.

Des frais d’inscription qui s’envolent
À ces nouvelles contraintes s’ajoute une révision déjà engagée des droits d’inscription universitaires.
Dès la prochaine rentrée, les frais annuels en licence atteindront 2 902 euros pour les étudiants non européens, contre seulement 178 euros pour les étudiants français et ressortissants de l’UE, soit un écart de plus de seize fois. En master, l’écart se creuse davantage encore, avec des frais fixés à 3 950 euros par an, contre 254 euros pour les étudiants européens. Seul le doctorat échappe à cette logique, avec des frais maintenus à 398 euros, identiques pour tous.

Une addition qui s’alourdit dangereusement
Pris isolément, chacun de ces dispositifs pourrait sembler gérable. Mais c’est leur cumul qui inquiète. Perte des APL, exigences de ressources revues à la hausse, frais d’inscription multipliés, c’est l’ensemble du modèle économique des études en France qui se transforme, au détriment des étudiants étrangers les moins fortunés. Pour la communauté algérienne, historiquement l’une des plus nombreuses parmi les étudiants étrangers en France, cette accumulation de charges pourrait redessiner durablement les choix d’orientation. Nombre de familles devront désormais arbitrer entre un projet d’études en France devenu nettement plus coûteux, et des alternatives ailleurs, à des conditions plus accessibles.
Lotfi L.-E