Résolution de la crise libyenne : Washington rejoint la position d’Alger

Quelques jours après la réunion du mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye (Algérie, Tunisie et Égypte), à Alger, sanctionnée par une résolution appelant à une solution interlibyenne et à la préservation de l’intégrité territoriale du pays, les USA viennent d’adopter la même position. Washington a appelé à la tenue d’élections législatives et présidentielles et à l’unification des institutions de la Libye.
Depuis le début de la crise libyenne, Alger n’a pas cessé d’appeler à des élections en Libye afin d’élire des institutions nationales et représentatives. Cependant, Washington va plus loin en menaçant de sanctionner toute partie entravant ce processus.

En effet, le haut conseiller du président américain pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Massad Boulos a mis en garde «ceux qui entravent» le processus en cours pour la réunification de la Libye.
«Ceux qui décideront d’entraver ou de compromettre la transition politique en Libye devront en assumer les conséquences. Non seulement ils s’exposeront à des sanctions ciblées, mais ils resteront également dans les mémoires comme ceux qui auront choisi de priver toute une génération de sa chance de connaître la stabilité et la prospérité, au nom d’intérêts égoïstes et étroits», a-t-il averti dans un post sur son compte officiel sur X, après un échange avec le premier ministre libyen, Abdul Hamid Dbeibeh.
Massad Boulos a précisé avoir «réaffirmé l’engagement des États-Unis à soutenir les efforts conduits par les Libyens eux-mêmes en vue de mettre en place une autorité exécutive unifiée et de mettre en œuvre l’accord “Smaller Convening 4+4”, facilité par la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), en tant que voie vers la tenue d’élections nationales».

En août 2026, un accord politique a été signé à Tripoli par des représentants des factions de l’Est et de l’Ouest (au sein du comité 4+4) sous l’égide de l’ONU. L’accord prévoit l’organisation d’élections présidentielles et législatives dans un délai de 24 mois, soit d’ici février 2027. Lors de la dernière réunion ministérielle consultative du Mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye, tenue à Alger, l’Algérie, la Tunisie et l’Égypte ont réitéré leur position constante de rejet catégorique de toutes les formes d’ingérences étrangères dans les affaires libyennes. Ils ont souligné «la nécessité du retrait des mercenaires, des combattants étrangers et des forces étrangères de l’ensemble du territoire libyen, ainsi que la préservation des acquis de l’accord de cessez-le-feu et l’accélération de l’unification de toutes les institutions libyennes, y compris militaires et sécuritaires».

Ils ont plaidé en faveur d’une solution interlibyenne à la crise que traverse le pays. Les tois pays ont insisté sur le fait que le processus politique doit être sous direction et appropriation libyennes, et que la solution politique doit émaner de la volonté du Peuple libyen et de son consensus national, garantissant l’unité de l’État libyen, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Alger, Le Caire et Tunis ont exprimé «leur plein soutien aux efforts onusiens et aux démarches internationales visant à faciliter le processus politique dans le but d’organiser des élections présidentielle et législatives simultanées, menant à une fin définitive des phases transitoires». La décision de Washington de rejoindre la position de l’Algérie et des voisins de la Libye va-t-elle faciliter le processus politique en Libye ?.

Fateh H.