L’état lance un appel solennel aux Algériens «perdus» à l’étranger afin de rentrer au pays.
Au moment où les migrants en situation irrégulière subissent toutes formes de discrimination et de stigmatisation, notamment dans certains pays européens et aux États-Unis, l’Algérie veut offrir de nouveaux horizons à ses enfants.
En effet, le Conseil des ministres, réuni dimanche dernier sous la présidence du président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, M. Abdelmadjid Tebboune, a pris une décision portant régularisation de la situation des jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation précaire et irrégulière.
Le Président de la République a lancé un appel aux jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation de précarité et irrégulière, «ayant été délibérément induits en erreur par des individus qui se croyaient capables de nuire à la crédibilité de l’État en les instrumentalisant à l’étranger contre leur pays», selon le communiqué du Conseil des ministres.
Il a ajouté que «la plupart de ces jeunes n’ont commis que des infractions légères, comme la crainte d’une simple convocation par la police ou la Gendarmerie nationale pour être entendus sur des faits liés à l’ordre public ou d’autres motifs similaires». «Il y a ceux qui voulaient utiliser les statistiques relatives à “la Harga” pour ternir l’image de l’Algérie dans le but de semer le désarroi parmi les jeunes, afin qu’ils quittent illégalement l’Algérie. Ces jeunes se trouvent aujourd’hui loin de leur patrie, de leurs proches et de leurs amis, souffrent de pauvreté extrême et de misère, et sont réduits à exécuter des tâches humiliantes, tandis que certains sont instrumentalisés contre leur pays», a relevé la même source. Et de préciser : «De telles situations ne méritent pas toute cette peine car ces jeunes peuvent être instrumentalisés par des milieux criminels mafieux, ce qui risque de salir leur réputation, que ce soit dans le pays où ils se trouvent ou dans celui qu’ils ont quitté».
Précision de taille : le Conseil des ministres a affirmé que la décision a été prise en accord total entre toutes les institutions de la République.
La seule condition posée est que les concernés s’engagent à ne pas récidiver. La mise en œuvre des procédures liées à cette décision sera assurée par les consulats d’Algérie à l’étranger jusqu’au retour des enfants d’Algérie vers leur mère patrie.
Sont exclus de cette mesure les auteurs de crimes de sang, de trafic de drogue, de trafic d’armes, ainsi que toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à sa patrie, l’Algérie. L’appel trouve toute son importance dans un contexte international tendu, où l’immigration clandestine est de plus en plus stigmatisés. Il n’y a qu’à voir ce que subissent actuellement les sans papiers aux États-Unis, qui leur livrent une guerre sans merci, pour s’en rendre compte du désastre. Un tel scénario n’est pas à exclure dans le futur dans des pays où se concentrent ces.
Fateh H.

