Lors d’une conférence à l’Université d’Oxford, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, recteur de Djamaâ El Djazaïr, a mis en lumière la pensée visionnaire de l’Émir Abdelkader et son actualité dans un monde en crise. Invité par le Centre pour les études islamiques de la prestigieuse institution britannique, il a exposé devant un parterre de diplomates, universitaires et chercheurs comment les valeurs portées par l’Émir offrent des réponses aux défis modernes. Devant une assistance comprenant l’ambassadeur d’Algérie au Royaume-Uni, Nourredine Yazid, et le directeur du Centre d’Oxford, Dr Farhan Nizami, le recteur a retracé le parcours exceptionnel de l’Émir Abdelkader, soulignant que sa vie fut bien plus qu’une simple résistance armée contre la colonisation française. Stratège militaire, mais aussi érudit, soufi et humaniste, il avait saisi que la lutte pour la liberté ne se limitait pas au champ de bataille : elle était aussi spirituelle, culturelle et morale.
Un précurseur du droit humanitaire
L’intervenant a rappelé que l’Émir Abdelkader avait imposé, bien avant les conventions internationales, des principes humanitaires rigoureux : protection des prisonniers, respect des civils et défense des minorités religieuses. Ces positions lui valurent l’admiration de ses contemporains, y compris de ses adversaires européens. Son refus de la vengeance et son insistance sur la justice et la discipline militaire en firent une figure universellement respectée.
Le vrai sens du jihad : Résistance et protection
Le recteur a également clarifié la conception que l’Émir Abdelkader se faisait du jihad, loin des déformations contemporaines. Pour lui, cette notion ne signifiait pas l’agression, mais la défense légitime contre l’oppression, la protection des libertés et la préservation de la dignité humaine. C’est d’ailleurs cette vision qui le poussa, en 1847, à cesser le combat pour éviter des effusions de sang inutiles, préférant la sagesse à l’affrontement stérile.
L’exil à Damas : un engagement pour la paix
Après son arrestation et sa libération, l’Émir Abdelkader s’installa à Damas en 1855, se consacrant à l’enseignement et à la spiritualité. Mais son humanisme éclata une nouvelle fois en 1860, lorsqu’il sauva des milliers de chrétiens menacés par des violences sectaires.
Parmi eux figurait le consul britannique, ce qui lui valut les remerciements de la reine Victoria et une reconnaissance mondiale.
En conclusion, Cheikh Al Kacimi a souligné que l’héritage de l’Émir Abdelkader reste d’une brûlante actualité. Sa pensée offre une voie pour repenser la paix non comme un idéal lointain, mais comme un engagement constant, exigeant autant de courage moral que politique.
La richesse des échanges qui ont suivi la conférence a confirmé l’intérêt persistant pour cette figure majeure de l’histoire, dont les enseignements transcendent les époques et les frontières .
F.B.

