La proclamation des résultats définitifs des élections législatives du 2 juillet dernier referme un chapitre électoral, mais en ouvre aussitôt un autre, tout aussi scruté, celui de l’avenir de l’exécutif.
Le Premier ministre Sifi Ghrieb, en poste depuis septembre 2025, se retrouve désormais suspendu à une question que ni la Constitution ni la coutume politique ne tranchent d’avance restera-t-il à la tête du gouvernement, ou le président Abdelmadjid Tebboune choisira-t-il de composer une nouvelle équipe pour ouvrir cette dixième législature ?
Le scrutin a confirmé la physionomie attendue de l’Assemblée populaire nationale : les partis proches du pouvoir conservent une position dominante, le FLN arrivant en tête devant les autres formations de la majorité présidentielle.
Un résultat qui, en apparence, ne bouleverse pas les équilibres politiques existants, mais qui n’épuise pas pour autant l’interrogation sur la suite.
Car en Algérie, la reconduction ou le remplacement d’un chef de gouvernement à l’issue de législatives ne relève d’aucune règle automatique, la Constitution de 2020 laisse au président de la République une latitude pleine et entière pour nommer un Premier ministre ou un chef de gouvernement, sans que le résultat des urnes ne l’y contraigne formellement.
C’est précisément cette marge d’appréciation qui nourrit, à chaque rendez-vous électoral, les spéculations sur un éventuel remaniement.
Deux lectures s’affrontent désormais dans les cercles politiques et médiatiques. La première mise sur la continuité : un attelage gouvernemental en place depuis moins d’un an, dont la feuille de route économique et sociale n’a pas eu le temps de porter pleinement ses fruits, et qu’il serait cohérent de laisser poursuivre son action dans un contexte de stabilité institutionnelle revendiquée.
La seconde évoque au contraire la tentation d’un geste politique fort de la part du chef de l’État, qui pourrait vouloir marquer de son empreinte cette nouvelle législature par la formation d’une équipe resserrée, en phase avec les priorités qu’il entend afficher pour les années à venir.
Reste que, dans un contexte régional marqué par les incertitudes, la tenue même de ce scrutin dans le calme et selon le calendrier institutionnel prévu illustre la solidité du cadre constitutionnel voulu par le président Tebboune depuis 2020.
Quel que soit l’arbitrage qu’il rendra, reconduction de Sifi Ghrieb ou formation d’une nouvelle équipe gouvernementale, ce choix s’inscrira dans la continuité d’une méthode éprouvée, celle d’un chef d’État qui a toujours privilégié la stabilité des institutions et la cohérence de l’action publique sur les effets d’annonce.
Loin d’une simple formalité, cette décision sera l’occasion, pour le président de la République, de confirmer le cap qu’il a fixé pour l’Algérie, celui d’un État fort, tourné vers le développement économique et social, et fidèle à l’engagement pris devant les citoyens de bâtir, étape après étape, une gouvernance à la hauteur des ambitions du pays.
Razyka T.
Législatives 2026: Quel avenir pour le gouvernement Ghrieb ?
