Depuis la signature des Accords d’Abraham en 2020, le Maroc n’a cessé d’approfondir ses relations avec l’entité sioniste, s’engageant résolument dans un processus de normalisation qui a dépassé le simple cadre diplomatique. Aujourd’hui, ce partenariat touche des domaines aussi sensibles que la défense et la sécurité, au point que des accords militaires se sont multipliés – une vingtaine à ce jour – avec des implications directes dans le conflit en Palestine.
Sur le terrain, cette collaboration se traduit de façon choquante : des citoyens marocains sont expulsés de leurs habitations, livrées ensuite à des colons sionistes, sous couvert de « récupération » de biens. Par ailleurs, des ports marocains sont régulièrement utilisés comme escales pour des navires transportant armes et munitions à destination de l’armée sioniste, en pleine guerre génocidaire contre les Palestiniens de Ghaza.Le soutien marocain à l’entité sioniste ne s’arrête pas là. Face à l’escalade entre l’Iran et Israël, Rabat a clairement choisi son camp. Des voix, comme celle de l’ex-député français Gilbert Collard, affirment même que le roi Mohammed VI serait prêt à apporter une aide humanitaire à Israël, en pleine agression contre l’Iran, saluant le Maroc comme un « grand peuple » dirigé par un « grand roi ». Une déclaration révélatrice de l’image que tente de se forger la monarchie marocaine sur la scène occidentale, au détriment de toute solidarité avec les causes arabes.Cette posture n’est pourtant pas une nouveauté. L’actuel souverain semble suivre la voie de son père, Hassan II, dont la trahison en 1965 reste gravée dans l’histoire. Lors d’un sommet stratégique de la Ligue arabe à Casablanca, censé préparer une riposte collective contre Israël, le Mossad et le Shin Bet, les services secrets israéliens, furent discrètement invités et hébergés par le roi. Bien que renvoyés in extremis, ils repartirent avec un enregistrement complet des discussions des chefs arabes, gracieusement offert par Hassan II. Ce document, d’une valeur inestimable, permit à Israël de mieux connaître ses ennemis et de planifier la guerre des Six Jours de 1967, qui verra l’occupation de vastes territoires arabes. La monarchie marocaine s’est ainsi illustrée par un double langage historique : officiellement défenseur de la cause palestinienne – Mohammed VI préside le Comité d’El-Qods – tout en servant, dans les faits, les intérêts de l’ennemi sioniste. Une duplicité dangereuse, vécue comme une véritable trahison par les peuples arabes, qui voient en ce royaume une courroie de transmission des volontés israélo-occidentales au Maghreb.
Le Maroc, aujourd’hui, n’est plus simplement un pays normalisateur. Il est devenu, pour beaucoup, un acteur actif de la stratégie sioniste dans la région, tournant définitivement le dos aux principes de solidarité arabe et de résistance .
Malik.M.

