Bien plus qu’un simple vêtement traditionnel, le caftan algérien incarne un savoir-faire artisanal raffiné, transmis à travers les siècles. Reconnu pour sa richesse culturelle, il a récemment été consacré par l’UNESCO, avec l’inscription du Caftan El-Kadi – pièce maîtresse du costume féminin cérémoniel de l’Est algérien – sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité en décembre 2024.
Ce vêtement, autrefois porté par les souverains des dynasties Ziride et Zianide (Xe-XIVe siècle), s’est transformé au fil du temps en un habit nuptial et festif féminin.
Selon Meriem Guebaïlia, experte en patrimoine, son essor s’est accentué sous l’ère ottomane grâce au développement de l’artisanat local. Fabriqué en velours, soie ou coton, brodé de fils d’or et d’argent, le Caftan El-Kadi symbolise l’attachement des familles de l’Est algérien à leurs traditions, comme en témoignent les actes de mariage du XVIIe siècle le mentionnant comme dot.
Une renommée internationale et des collections prestigieuses
Le caftan algérien rayonne bien au-delà des frontières nationales. Des musées à travers le monde, comme ceux de Stockholm et de Vienne, conservent des modèles historiques, dont un caftan offert par Ali Pacha au roi de Suède en 1731. En Syrie, le Musée de Damas préserve même un caftan ayant appartenu à Lalla Zineb, fille de l’émir Abdelkader. En Algérie, plusieurs institutions abritent des pièces exceptionnelles. Le Musée national du Bardo, par exemple, possède près de 20 caftans, principalement des XIXe et XXe siècles, reflétant la maîtrise des artisans locaux. Le Musée des arts et traditions populaires de la Casbah, ainsi que celui des antiquités et arts islamiques, conservent également des modèles rares, comme un Caftan El-Kadi rouge brodé selon la technique mejboud. Pour Fouad Azzi, artisan spécialisé, le caftan demeure un symbole vivant de l’identité algérienne. Malgré les évolutions sociétales, il reste un héritage précieux, jalousement préservé et perpétué par les nouvelles générations.
Amina.S

