Le paysage politique algérien s’apprête à vivre un élargissement parlementaire sans précédent depuis des années. Un projet de modification de la loi électorale, actuellement soumis aux partis politiques pour consultation, prévoit l’ajout de 48 sièges au sein des deux chambres du Parlement. Cette réforme, rendue nécessaire par la création récente de onze nouvelles wilayas, traduit une volonté de rapprocher l’institution législative des réalités démographiques du territoire.
Selon le contenu de l’avant-projet distribué aux formations politiques, l’Assemblée populaire nationale (APN) verrait son effectif passer de 407 à 422 députés, soit un gain de 15 sièges. Le Conseil de la nation, la chambre haute, connaîtrait une augmentation plus marquée encore, avec 33 nouveaux sénateurs, portant son total à 207 membres.
Cette évolution s’accompagne d’une refonte de la carte électorale : le nombre de circonscriptions passe de 58 à 69, auxquelles s’ajoute la circonscription de la communauté nationale établie à l’étranger.
Le redécoupage répond à des critères démographiques stricts, hérités de l’ordonnance de 2021 qui
fixe à 120 000 habitants le seuil requis pour un siège à l’APN.
Pour les onze wilayas fraîchement créées, la règle a été adaptée : neuf d’entre elles, dont la
population n’atteint pas 200 000 âmes, se voient attribuer trois sièges chacune, tandis que la wilaya de Boussaâda, plus peuplée, en obtiendra quatre.
Ce rééquilibrage s’opère par un transfert de 19 sièges depuis les wilayas mères – Laghouat, Batna, Tlemcen, Tiaret, Djelfa, Médéa et M’Sila – vers les nouvelles circonscriptions.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est aussi pratique. L’administration devra procéder à une révision minutieuse des listes électorales et à une redistribution des électeurs entre les anciens et nouveaux bureaux de vote. Une campagne d’information est déjà évoquée pour éviter toute confusion dans les urnes et prévenir d’éventuels contentieux.
La présidence de la République, qui a initié cette consultation des partis, semble vouloir instaurer une nouvelle méthode de travail associant les forces politiques aux décisions structurantes.
Le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a d’ailleurs insisté lors du dernier Conseil des ministres sur la nécessité d’impliquer les formations avant l’adoption définitive du texte. Une commission de suivi a été installée au siège de la présidence pour arbitrer les derniers ajustements. Mais le calendrier impose une cadence soutenue. La loi doit être bouclée avant le 8 avril prochain, date butoir qui marque l’échéance des 90 jours précédant la fin de la législature, délai légal pour convoquer le corps électoral en vue des élections prévues à l’été 2026.
Entre les consultations politiques, les navettes parlementaires et les impératifs techniques, le temps presse pour offrir à l’Algérie un cadre électoral à la hauteur de ses nouvelles frontières administratives.
F. H.
L’Algérie agrandit son hémicycle: Le Parlement s’apprête à accueillir 48 nouveaux élus

