Le 8 octobre 1963, le drapeau algérien flottait pour la première fois au siège des Nations unies, marquant l’entrée de l’Algérie sur la scène internationale, à peine sortie d’une guerre d’indépendance contre une colonisation brutale. À cette occasion, le
Dr Abdelkader Soufi, politologue et expert en relations internationales, a rappelé l’importance de cet événement lors de son intervention dans l’émission «L’invité du jour» de la radio Chaîne 3.
Le Dr Soufi a mis en lumière les premiers exploits de la jeune diplomatie algérienne, soulignant le rôle clé du pays en tant qu’acteur influent dans les relations internationales. «L’Algérie a immédiatement adhéré à la Charte des Nations unies et au droit international, car les valeurs portées par l’Algérie combattante y trouvent un écho naturel», a-t-il affirmé, tout en évoquant le soutien indéfectible du pays aux peuples en quête d’autodétermination et son rôle dans la résolution de nombreux conflits.
«L’Algérie était non seulement la Mecque des révolutionnaires, mais aussi un véritable promoteur de la paix à l’échelle mondiale», a-t-il souligné, rappelant que plusieurs accords historiques, mettant fin à la colonisation du Portugal en Angola et au Cap-Vert, ainsi que des accords de paix entre l’Érythrée et l’Éthiopie, ont été signés à Alger.
Le Dr Soufi a également réaffirmé l’engagement constant de l’Algérie en faveur de la cause palestinienne, dénonçant «la barbarie sioniste» et saluant les efforts diplomatiques d’Alger pour soutenir le peuple palestinien. Interrogé sur les révoltes de la jeunesse marocaine, surnommée «Génération Z», qui secoue le Makhzen depuis le 27 septembre, il a déclaré que «toutes les conditions d’une explosion sociale étaient réunies de longue date au Maroc, mais que la répression avait jusque-là inhibé toute forme de contestation». Il a analysé que l’irruption de cette génération a réussi à déjouer les dispositifs sécuritaires et à lancer un mouvement en pleine expansion.
Selon lui, les revendications actuelles, visant l’amélioration des systèmes de santé et d’éducation, ne représentent que la partie visible de l’iceberg. «Ces revendications sociales ne sont pour l’instant que des paravents», a-t-il averti, ajoutant que le mouvement pourrait rapidement évoluer vers des revendications politiques plus radicales .
Lamine N.
L’Algérie à l’ONU:63 ans d’engagement pour la Justice et la Paix
