Par un décret présidentiel publié ce lundi au Journal officiel, l’Algérie opère une transformation majeure de son architecture sécuritaire. Le service d’investigation judiciaire de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) se mue en un service central de police judiciaire, bénéficiant d’une refonte complète de son organisation et de ses missions. Cette réforme, portée par le décret présidentiel n°25-258 signé par le président Abdelmadjid Tebboune, représente bien plus qu’une simple évolution sémantique.
Elle constitue une refondation stratégique des mécanismes d’enquête placés sous l’autorité du ministère de la Défense nationale, six ans après la création initiale de cette structure en 2019. La nouvelle configuration institutionnelle se déploie sur plusieurs niveaux. Le «service central de police judiciaire» dispose désormais de services régionaux, d’un service territorial et de brigades mobiles, créant ainsi un maillage territorial inédit. Cette organisation permet une intervention rapide et coordonnée sur l’ensemble du territoire national, tout en maintenant une centralisation efficace des informations au niveau national.
Le décret consacre officiellement l’utilisation des moyens d’investigation scientifique et technique, marquant une étape cruciale dans l’adaptation aux nouvelles formes de criminalité. Cette orientation stratégique permet de renforcer significativement la traçabilité et la fiabilité des preuves, d’améliorer les capacités d’analyse criminelle et de réduire les délais d’investigation dans les dossiers sensibles.
Le nouveau service central est chargé de «rechercher et constater les infractions relevant de sa compétence, de rassembler les preuves et d’en identifier les auteurs, tant qu’une information judiciaire n’est pas ouverte». Il reçoit également «les dénonciations et les plaintes» et conduit «les enquêtes préliminaires conformément à la législation en vigueur». Cette réforme s’inscrit dans la continuité de la vision du président Tebboune pour une modernisation globale des institutions de l’État.
Elle vise à professionnaliser les missions de police judiciaire tout en assurant une meilleure articulation entre les dimensions judiciaire, technique et territoriale de la sécurité intérieure.
La création de ce service central de police judiciaire au sein de la DGSI consolide ainsi un pilier essentiel du système de sécurité nationale algérien, alliant modernité technologique, couverture territoriale complète et spécialisation accrue dans la lutte contre les infractions portant atteinte à la sûreté de l’État .
M. M.
La réforme historique de la DGSI: L’Algérie se dote d’un instrument judiciaire de haute précision

