La Musulmanophobie en France: Un défi républicain et stratégique

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a exprimé lundi dernier sa vive inquiétude face à la montée continue de l’islamophobie en France. Il a lancé un appel à un sursaut collectif contre la musulmanophobie, qu’il ne considère nullement comme une revendication communautaire mais comme un enjeu majeur de cohésion républicaine et de sécurité nationale.
Les chiffres récemment publiés par l’Ifop à la demande de la mosquée de Paris dressent un constat alarmant. La très grande majorité des Français musulmans, soit 82%, estiment que la haine qui les vise est aujourd’hui un phénomène répandu. Deux tiers d’entre eux déclarent avoir subi des comportements racistes au cours des cinq dernières années, soit trois fois plus que l’ensemble de la population française. Plus de la moitié témoignent avoir été discriminés en raison de leur appartenance religieuse dans la recherche d’un emploi, et près d’un sur deux disent avoir connu des obstacles similaires lors d’une recherche de logement. Ces proportions dépassent de loin celles rapportées par les adeptes d’autres religions, montrant ainsi l’ampleur spécifique du problème.
Face à cette situation, le recteur demande des mesures fermes en matière de contrôle et de sanction dans l’emploi, le logement et les services publics. Il appelle également à instaurer des formations renforcées pour les agents de l’État et les dirigeants d’entreprises afin que les mécanismes discriminatoires soient identifiés et combattus de manière efficace.
Il alerte enfin sur le rôle de certaines puissances et réseaux étrangers qui instrumentalisent cette haine pour fragiliser la société française. Pour lui, la musulmanophobie n’est plus seulement une question sociale douloureuse pour une partie des citoyens, mais un enjeu stratégique qui menace directement l’unité et la stabilité du pays. La gravité de ce climat se manifeste aussi dans les faits : le 9 septembre, neuf têtes de porc ont été déposées devant plusieurs mosquées d’Île-de-France, un acte symboliquement violent contre une religion qui considère cet animal impur. Selon le parquet, ces gestes ont été posés par des étrangers aussitôt partis du territoire. Cet épisode illustre la nécessité urgente de répondre à ce phénomène avant qu’il ne déstructure davantage la société .
Samira A.