Les dernières données publiées par la Banque d’Algérie révèlent une tendance claire et continue à la baisse de la dette extérieure du pays, témoignant d’une gestion financière prudente et souveraine. Entre 2019 et la fin de l’année 2024, la dette extérieure totale est passée de 3,832 milliards de dollars à 2,870 milliards de dollars, soit une réduction de plus de 25% en six ans. Cette évolution traduit une volonté politique affirmée de limiter le recours aux financements extérieurs, en particulier ceux à long terme, souvent assortis de conditions contraignantes.
Dans le détail, la dette à long terme a diminué de manière significative, passant de 1,568 milliard de dollars en 2019 à 1,114 milliard en 2024. La dette à court terme, qui représente désormais la majorité des engagements extérieurs (61,2% en 2024), a également reculé, atteignant 1,756 milliard de dollars contre 2,264 milliards en 2019. Bien que cette catégorie ait connu une hausse temporaire en 2022 et 2023, elle est revenue à un niveau plus soutenable en 2024.
La structure de la dette montre également une transformation qualitative. Les crédits multilatéraux, provenant d’institutions comme le FMI ou la Banque mondiale, restent le principal composant de la dette à long terme, mais leur part a diminué de 1,009 milliard à 0,718 milliard de dollars.
Les crédits bilatéraux, issus de prêts entre gouvernements, ont chuté de 0,385 milliard à 0,130 milliard, illustrant une réduction nette de la dépendance intergouvernementale. Seul le soutien des maisons mères à leurs filiales en Algérie a légèrement augmenté, passant de 0,130 à 0,254 milliard de dollars, ce qui peut être interprété comme un signe de confiance renouvelée des investisseurs étrangers. Fait notable : l’Algérie n’a émis aucun emprunt obligataire sur les marchés internationaux durant cette période, confirmant une stratégie de non-recours aux financements volatils et coûteux.
Ce choix renforce la souveraineté financière du pays et le protège des aléas des taux d’intérêt mondiaux et des pressions des marchés. Cette politique de désendettement progressif, menée avec rigueur, offre à l’État algérien une marge de manœuvre précieuse pour faire face à d’éventuelles turbulences économiques. Elle témoigne d’une volonté de préserver l’autonomie décisionnelle et de construire une trajectoire de développement fondée sur des ressources internes et des partenariats équilibrés .
F. H.
Signe d’une souveraineté financière renforcée: Algérie : une baisse maîtrisée de la dette extérieure
