«La loi du plus fort triomphe»: Guterres alerte sur un recul planétaire des droits humains

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé lundi un cri d’alarme depuis Genève, dénonçant l’avènement brutal de la «loi du plus fort» et le sacrifice délibéré des droits humains à l’échelle mondiale.
Prenant la parole à l’ouverture de la nouvelle session du Conseil des droits de l’homme, Guterres a décrit une offensive d’une ampleur inédite, menée cette fois-ci au grand jour. «Cette agression n’est plus secrète, elle est affichée. Elle est souvent dirigée par les plus puissants. Partout, les droits fondamentaux sont bradés de manière stratégique, et parfois même revendiqués avec fierté», a-t-il asséné.
Dans un plaidoyer solennel, il a mis en garde contre l’effet domino de cette régression : «Quand les droits humains s’effritent, tout le reste s’écroule.»
Il a dépeint un monde où la souffrance collective est devenue banale, où les populations sont traitées comme des monnaies d’échange, et où le droit international n’est plus qu’une simple formalité méprisée.
Le constat onusien est sans appel.
Alors que les conflits se multiplient, l’impunité gagne du terrain, créant un contraste saisissant entre l’explosion des besoins humanitaires et la chute drastique des financements.
Cette crise est aggravée, selon lui, par une instrumentalisation croissante des technologies.
«L’intelligence artificielle, au lieu d’être une promesse, devient un outil de répression et de discrimination, creusant les inégalités et exposant les plus vulnérables à de nouvelles formes d’ostracisme», a-t-il expliqué. Au-delà des technologies, Guterres a pointé du doigt l’étouffement méthodique de la société civile. Il a dénoncé un «resserrement de l’étau» sur les libertés, illustré par l’incarcération de journalistes, la dissolution d’ONG, la régression des droits des femmes et la mise à l’écart persistante des personnes handicapées. Un tableau sombre d’un monde où l’humanité recule face à la puissance brute.
Malik M.