Cinquième langue la plus parlée au monde et deuxième en France, la langue arabe est mise à l’honneur au Festival d’Avignon 2025, après l’anglais et l’espagnol les années précédentes.
Ce choix audacieux ouvre un espace de réflexion sur la place de l’arabe dans la société française, son enseignement, son héritage et les tabous qui l’entourent.Dans son ouvrage L’Arabe pour tous, le journaliste Nabil Wakim évoque une double honte : celle de l’enfant qui redoute les jugements dans l’espace public, et celle de l’adulte qui regrette de ne pas avoir transmis cette langue à ses enfants.
Il confie : « Parler l’arabe, c’est aussi un avantage dans beaucoup de métiers. J’ai laissé de côté ce qui aurait pu être un atout dans ma vie, pour mieux connaître mon histoire, ma famille. »Cette tension entre identité et invisibilisation est au cœur des débats. Pour Nada Yafi, diplomate et ancienne directrice du Centre linguistique de l’Institut du Monde Arabe, la langue arabe est trop souvent essentialisée et instrumentalisée : « Les langues ne sont pas des entités figées. Elles varient selon l’usage, le contexte, l’intention. » Elle rappelle que l’arabe est aussi la langue des juifs du monde arabe, des chrétiens d’Orient, des poètes, des musiciens, des calligraphes. Une langue plurielle, vivante, qui dépasse les clivages religieux et politiques. Le Festival d’Avignon ne célèbre pas seulement une langue : il réhabilite une mémoire, une dignité, une richesse culturelle trop longtemps marginalisée.
À travers spectacles, débats et performances, l’arabe se révèle comme langue de lumière, de dialogue et de création, portée par des artistes venus du Maghreb, du Levant et de la diaspora .
Amina.S.
La langue arabe à Avignon: Entre mémoire, fierté et combat culturel

