La Grande Mosquée de Paris, un symbole contesté: Hafiz face aux attaques

Dans un discours ferme et résolu, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chemseddine Hafiz, a vigoureusement défendu l’héritage séculaire de l’institution qu’il dirige, répondant aux critiques récentes dont elle a fait l’objet. Lors de la présentation du bilan de ses cinq années à la tête de la mosquée, en présence de nombreuses personnalités, M. Hafiz a dénoncé avec force la « campagne médiatique sans précédent » et les « attaques malveillantes et complètement fausses » visant l’établissement. Déterminé à poursuivre sa mission dans la transparence, le recteur a rappelé l’engagement de la Grande Mosquée de Paris à promouvoir un « Islam authentique, éclairé, capable de prospérer dans des sociétés pluralistes et laïques ». Depuis sa fondation il y a un siècle, a-t-il souligné, l’institution porte un message de paix, d’ouverture et incarne les valeurs fondamentales de l’Islam, en résonance avec les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité. Face aux idées extrémistes combattues en 2024, M. Hafiz s’est dit convaincu de « l’avenir radieux de l’Islam et des musulmans en France ». Cependant, il a déploré la vision déformée et réductrice de l’Islam trop souvent véhiculée en Occident, alimentant les malentendus et les discours anti-musulmans. Pour contrer cette dynamique de rejet, le recteur a insisté sur la nécessité de « penser et diffuser un discours fort » sur l’adaptation de l’Islam aux sociétés laïques.Dans cette optique, un groupe de réflexion a été lancé en 2023, réunissant d’éminentes personnalités françaises et des institutions religieuses prestigieuses.
Après des mois de travaux, ce groupe a élaboré un rapport qui sera publié au premier semestre 2025, accompagné du « Pacte de Paris » visant à être adopté par les autorités islamiques en Europe et dans le monde.M. Hafiz a également souligné l’importance de former une nouvelle génération d’imams « capables de relever les défis de notre époque », tout en promouvant le dialogue interreligieux, « une nécessité urgente dans notre monde déchiré ». À cet égard, il a évoqué ses récentes visites à La Mecque et ses projets de rencontrer le pape François en février prochain. Concernant la certification halal pour les produits importés en Algérie, confiée à la Grande Mosquée de Paris, le recteur a assuré que cette tâche était menée « avec sérieux et expertise », les profits étant intégralement réinvestis dans le financement des activités religieuses en France. Il a fermement rejeté les allégations de « financement caché », soulignant que cette ressource était « une bénédiction » face aux difficultés de financement de l’Islam dans le pays.M. Hafiz a également rappelé les liens historiques entre la Grande Mosquée de Paris et l’Algérie, pays d’origine de tous ses prêcheurs. Le financement annuel accordé par l’État algérien depuis les années 1980, en accord avec la France, a contribué selon lui à renforcer le rôle de l’institution dans la promotion d’un « Islam citoyen » et la lutte contre l’extrémisme.
En conclusion, le recteur a défié quiconque de remettre en cause « l’engagement républicain de la Grande Mosquée de Paris, son attachement aux valeurs de notre société et son désir de voir nos concitoyens musulmans prospérer en France ». Il a annoncé les nombreux projets prévus pour 2025, dont des campagnes caritatives durant le Ramadan et un concours de mémorisation du Coran, réaffirmant sa détermination à éclairer l’opinion sur le « noble message de l’Islam » .

F.B.

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