Abdelaziz Rahabi, diplomate et ancien ministre algérien, a livré une réponse longue, ferme et argumentée aux attaques répétées venues du Maroc et de ses relais. Il a pris soin de démonter les propos d’Omar Hilale, représentant du Maroc à l’ONU, qui avait osé affirmer que l’Algérie «n’existait pas avant 1962».
Rahabi oppose à cette provocation une leçon d’histoire en rappelant que la Numidie constituait déjà un État organisé, doté d’un territoire, d’une population et d’institutions, bien avant l’époque coloniale.
Pour lui, cette mémoire historique est un socle identitaire qui fonde la doctrine algérienne en matière de diplomatie et de défense nationale, et elle illustre la profondeur de l’État algérien dans le temps.
Il s’est ensuite tourné vers Tahar Ben Jelloun, qu’il décrit comme un agent d’influence et de propagande du Makhzen.
L’écrivain avait accusé l’Algérie d’être responsable de la tragédie de Ceuta, où des milliers de Marocains ont tenté de franchir la frontière vers l’Espagne. Rahabi souligne que ces accusations mensongères visent à associer l’Algérie à la misère et à la violence, alors que les faits les contredisent.
Il dénonce une instrumentalisation cynique des migrants, utilisés comme outils diplomatiques pour masquer les failles du Maroc et détourner l’attention de ses propres crises internes. Pour lui, Ben Jelloun cherche à diaboliser l’Algérie en la présentant comme une menace pour l’Europe, alors que la réalité démontre que c’est le Maroc qui vit de son image et qui tente de manipuler l’opinion internationale.Rahabi n’a pas épargné non plus Moncef Marzouki, ancien président tunisien, qui avait appelé les Algériens à relancer un Hirak et critiqué les relations algéro-tunisiennes.
Il rappelle que Marzouki, lorsqu’il était au pouvoir, avait rompu avec la neutralité positive de la Tunisie sur le Sahara occidental et tenté d’imposer un marché favorable au plan marocain d’autonomie.
Pour Rahabi, cette attitude illustre une diplomatie commandée par Paris et Rabat, au détriment des intérêts tunisiens et régionaux.
Il souligne que Marzouki avait choisi de mettre l’énergie et les moyens de la Tunisie dans des missions diplomatiques qui dépassaient sa stature, et qu’il avait ainsi affaibli son pays tout en cherchant à nuire à l’Algérie.À travers ces recadrages, Rahabi met en lumière une stratégie marocaine fondée sur la duplicité : afficher des signaux d’apaisement par l’intermédiaire de puissances étrangères tout en alimentant une campagne hostile contre l’Algérie. Il estime que Rabat s’inspire du modèle israélien, son nouvel allié, en cherchant à diaboliser l’Algérie auprès de l’Occident pour se poser en interlocuteur exclusif de la région. Cette stratégie repose sur une hostilité permanente et une volonté de tension, malgré les discours officiels de réconciliation. Rahabi rappelle que cette duplicité n’est pas nouvelle : elle remonte à l’indépendance de l’Algérie, lorsque le Maroc avait lancé une agression armée en 1963.Rahabi conclut que l’Algérie ne cherche pas à disputer ce rôle au Maroc mais refuse de servir de marchepied à une politique de confrontation. Pour lui, la géographie impose une stratégie réaliste : des frontières longues et complexes, une montée des extrémismes et des alliances flexibles. Dans ce contexte, l’Algérie reste fidèle à ses principes de souveraineté, de stabilité et de défense de l’autodétermination, notamment au Sahara occidental. Il insiste sur le fait que l’Algérie ne peut être diabolisée ni instrumentalisée, et qu’elle demeure un acteur central de stabilité et de dignité dans la région.
Malik M.
La duplicité marocaine mise à nu: Quand Rahabi recadre Hila le, Ben Jelloun et Marzouki
