Le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekhache, a présenté un vaste panorama de la dynamique actuelle de l’investissement en Algérie.
Lors d’une intervention sur la télévision publique, il a annoncé que 15 508 projets d’investissement ont été enregistrés à travers le pays, représentant une enveloppe financière globale d’environ 50,8 milliards de dollars. Ces projets, s’ils arrivent à terme, devraient générer quelque 378 000 postes d’emploi, témoignant d’une mobilisation importante en faveur du développement économique.
Une dynamique en marche malgré des obstacles
Parmi les projets enregistrés, 702 sont déjà entrés en production effective, preuve que les intentions d’investissement commencent à se matérialiser. En outre, 2 640 projets sont à un stade avancé de réalisation, ce qui laisse espérer une montée en puissance prochaine de l’activité industrielle. Cependant, tout n’est pas sans difficulté. Environ 655 projets rencontrent actuellement des blocages, alors que 1 600 autres n’ont pas encore démarré malgré leur enregistrement officiel. Une situation que le directeur de l’AAPI impute notamment à des contraintes techniques, administratives ou de mobilisation des ressources. Omar Rekhache a souligné une tendance notable à la hausse, aussi bien en termes de nouveaux projets que d’extensions d’unités existantes.
Il y voit une traduction directe de la reconquête de la confiance des investisseurs dans l’environnement économique et juridique algérien, particulièrement depuis les réformes engagées sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune. Concernant la problématique des terrains non exploités, Rekhache a clarifié que leur retrait n’avait aucun caractère punitif, mais visait plutôt à les réallouer à des projets viables et prêts à démarrer. L’objectif est de permettre un accès rapide et simplifié au foncier industriel pour les investisseurs sérieux, en réduisant les lourdeurs bureaucratiques qui ont longtemps entravé la
dynamique économique.
L’AAPI a entamé la première phase de mise en œuvre du guichet unique, dispositif clé dans la stratégie gouvernementale visant à simplifier les procédures administratives. Une seconde phase, plus avancée et plus intégrée, est déjà en préparation. Cette réforme s’inscrit dans la vision du président Tebboune, qui a clairement affiché son ambition de moderniser l’appareil étatique pour le rendre plus accueillant aux porteurs de projets. Toujours dans la perspective de diversifier l’économie nationale, Rekhache a annoncé le prochain lancement d’importants projets dans le secteur agroalimentaire, répartis dans plusieurs wilayas. Ces projets visent à créer de la valeur ajoutée localement, à réduire les importations et à renforcer l’autonomie productive de l’Algérie dans ce secteur stratégique. Omar Rekhache a rappelé que le président Tebboune avait fixé un objectif clair : atteindre les 20 000 projets d’investissement.
Dans cette optique, tous les mécanismes ont été mobilisés pour lutter contre la bureaucratie, assurer un cadre législatif stable et rassurer les investisseurs, tant nationaux qu’étrangers.
Autre point important : la saturation de la région d’Alger, qui ne permet plus l’implantation de nouvelles unités industrielles. Rekhache invite donc les investisseurs à se tourner vers d’autres wilayas, riches en opportunités foncières et économiques. Ce rééquilibrage territorial vise à désengorger la capitale et à stimuler les économies régionales.
Un cadre législatif stable, levier d’attractivité
Enfin, le directeur général de l’AAPI a mis en avant la stabilité juridique et législative comme facteur déterminant du regain d’intérêt pour le marché algérien. Il a salué les garanties institutionnelles apportées par l’État, qui ont permis de rétablir la confiance et d’attirer un nombre croissant d’investisseurs, y compris
à l’international. Le président Tebboune, fidèle à ses engagements électoraux de septembre 2024, continue de favoriser l’expansion des startups, dont le nombre est passé de 780 en 2019 à plus de 20 000 actuellement, selon les chiffres officiels.
Cette dynamique, conjuguée aux projets d’investissement structurants, positionne l’Algérie comme un acteur économique en mutation, résolument tourné vers l’innovation et la compétitivité .
C.Lotfi

